Le 6 juin, la Normandie vibrera à nouveau au souvenir du débarquement à l’occasion de son 80ème anniversaire. L’occasion de rappeler ce que pèse le tourisme de mémoire dans cette région où il fait vivre des milliers de personnes.Attaché sur leurs sièges, les passagers sont ballotés virtuellement au-dessus de la Manche baignés dans le bruit des moteurs et les odeurs d'huile chaude. Par le hublot, ils peuvent apercevoir les files de navires qui s'apprêtent à débarquer les GI's sur les plages normandes.
Bienvenue à bord du C-47, l'avion de transport de troupe qui largua les parachutistes de la 101ème Airbone au-dessus du Cotentin dans la Manche, le 6 juin 1944. Monté sur des vérins pneumatiques, ce simulateur unique au monde a été racheté à Steven Spielberg par le musée DDay Experience situé près de Carentan dans la Manche.
Ouvert au public depuis 2015, c'est l'une des nombreuses attractions imaginées par les Normands pour éviter que le souvenir du débarquement ne s'éteigne en même temps que les derniers vétérans. Un peu partout, l'offre se renouvelle. Finies les analyses sur la stratégie militaire, les cadences de tir ou le gabarit des canons. Désormais, les exploitants misent davantage sur la dimension humaine. « La jeune génération montre moins d'appétence pour ce que j'appelle le tourisme Call of Duty [du nom d'un jeu vidéo de tir sur la guerre ndlr]. Elle veut comprendre pourquoi les gens se sont battus. Alors, on préfère effectuer des recherches historiques pour emmener les gens sur les traces de leur arrière-grand-père par exemple », explique Vincent Huet, co-gérant du tour-opérateur Gold Beach Company installé à Bayeux dans le Calvados.
La manne du tourisme de mémoire
Comme lui, beaucoup d'exploitants évoluent pour coller à l'air du temps. Selon une étude du cabinet Egis Voltere, près de 80 millions d'euros ont été investis au cours de la dernière décennie pour moderniser la scénographie des musées, rénover ou agrandir des installations ou en créer de nouvelles telles que le mémorial britannique de Ver-sur-mer inauguré en 2021 et... déjà en passe d'être étendu. « La culture du souvenir est très ancrée ici. Par conséquent, les acteurs ne restent pas statiques ce qui nous prémunit de basculer dans un tourisme de niche », se félicite Nathalie Porte, vice-présidente de la Région en charge de l'attractivité.