CES 2020 : Eisox vise l'optimisation énergétique des bâtiments européens

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Munie de sept capteurs, la tête thermostatique d’Eisox mesure la température, l’humidité ou la luminosité, et gère les plannings de chauffage.
Munie de sept capteurs, la tête thermostatique d’Eisox mesure la température, l’humidité ou la luminosité, et gère les plannings de chauffage. (Crédits : Eisox)
Engagée dans l’optimisation énergétique, l’angevine Eisox développe une tête thermostatique intelligente destinée à équiper les radiateurs à eau chaude des bâtiments professionnels. Soit 80 % du marché du chauffage européen.

L'angevine Eisox sera, cette année, l'une des rares startups ligériennes à embarquer pour le CES de Las Vegas. Pour elle, ce sera sa troisième participation.

« C'est l'endroit où l'on peut rencontrer les dirigeants de grands groupes que l'on ne voit pas en France. Des interlocuteurs plus qualifiés, qui ne sont là que pour le CES. En raison du décalage horaire, ils ne sont pas dérangés par des appels de métropole. Ça, c'est l'autre intérêt du CES ! », justifie Maxence Chotard, 30 ans, CEO et cofondateur d'Eisox.

La startup déploie une tête thermostatique intelligente dans des bâtiments de la Poste (70.000 mètres carrés), de Total (500 logements étudiants) et de la SNCF (deux bâtiments). « Ces deux derniers déploiements sont d'ailleurs le fruit de contacts pris lors des précédentes éditions du CES. Alors que les échanges que nous avions pu avoir en France avec des dirigeants de ces mêmes entreprises sur d'autres projets n'ont toujours pas abouti », remarque-t-il.

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Jusqu'à 77 % d'économies d'énergie

« Notre credo, c'est l'optimisation énergétique des bâtiments », explique Maxence Chotard, dont l'idée incubée, à l'origine, par l'école d'ingénieurs angevine Eseo a été accompagnée par le Village By CA, La Poste, la Cité de l'objet connecté, le CEA Tech... a permis de produire une tête thermostatique intelligente adaptable sur les radiateurs à eau chaude.

« Ce type de chauffage équipe 80 % du marché européen. En France, cela représente 90 millions de radiateurs chez particuliers et les professionnels. »

Plus qu'un régulateur de chauffage, cette tête thermostatique intelligente est équipée de sept capteurs permettant de détecter une présence, et de mesurer la qualité de l'air, la température, l'humidité ou la luminosité, et surtout de gérer des plannings de chauffage. Confiée aux experts du CEA Tech pour résoudre des problématiques de régulation de température, la technologie est dotée d'un algorithme permettant de s'affranchir de la proximité de la chaleur du radiateur. Résultat, « les économies d'énergie seraient, selon les utilisateurs, comprises entre 35 % et 77 % et garantissent un retour sur investissement de deux à trois ans », assure le fondateur d'Eisox.

Une seconde levée de fonds en 2020

Commercialisé 99 euros hors taxes, le produit est conçu pour être robuste, autonome et à la mise en œuvre immédiate. En se concentrant sur le marché des professionnels, Eisox, qui ne souhaite pas divulguer son chiffre d'affaires actuel, estime pouvoir atteindre 10 millions d'euros d'ici à cinq ans. L'hiver dernier, 500 têtes ont été vendues et 2.000 devraient l'être pour la saison 2019-2020. Après une première levée de fonds de 500.000 euros en 2018, la startup angevine renouvellera l'opération pour près de 1 million d'euros au cours du premier semestre 2020.

Créée en 2016 autour de Maxence Chotard, de son père, Joël, directeur technique, et de Baptiste Clenet, chargé du développement logiciel, la jeune pousse emploie six personnes à temps plein. La fabrication des têtes thermostatiques est 100 % made in France, avec une électronique confiée à une entreprise saumuroise et la plasturgie réalisée en Loire-Atlantique. Lancée en 2018 sur le marché français, Eisox est déjà en quête de partenaires pour prendre pied sur le marché européen à l'horizon 2021.

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ZOOM

Angers French Tech, porte-drapeau de la région

Michel Perrinet, délégué territorial d’Angers French Tech

Michel Perrinet, délégué territorial d'Angers French Tech.

Organisatrice une année sur deux d'une « learning expedition » - voyages encadrés destinés à vivre une culture de l'intérieur - au CES de Las Vegas jusqu'en 2018, la région des Pays de la Loire, privilégiant désormais un accompagnement des entreprises au coup par coup, laisse la main aux initiatives territoriales.

Cette fois, c'est Angers French Tech qui, d'une certaine manière, prend le relais. Avec dans ses bagages, des institutionnels (direction territoire intelligent d'Angers Loire Métropole), de grands groupes et ETI (Engie, ZeKat, Lacroix, Suez, La Poste, VYV...), et finalement très peu de startups : Eisox, Helyx (accompagnement et conseil en informatique pour startups) et Wishibam (solution de digitalisation d'espaces commerciaux pour les centres-villes et galeries marchandes).

Une vision plus angevine que ligérienne. « Nous cherchons à faire découvrir les angles techniques de la smart city. Il ne s'agit pas de subventionner l'exposition de startups à l'extérieur. Des initiatives locales, comme Fox in the City, existent pour cela. À l'international, nous avons davantage de valeur à trouver sur l'aide et l'accompagnement de ceux qui s'y retrouvent, que dans le rayonnement de startups locales dont le retour sur investissement pour l'intérêt général est une vraie question », justifie Michel Perrinet, délégué territorial d'Angers French Tech où la métropole vient de missionner Engie pour muer « la douceur angevine » en un « territoire intelligent ».

À Nantes, EP, tête de pont et cofondatrice de la filière proptech fera partie d'une délégation d'une trentaine d'entreprises de l'univers de l'immobilier hexagonal (Habiteo, Kadran, Habx, Idealys, Kaufman & Broad, Nexity, Ideal Groupe...), « pour aller chercher du sourcing et des idées de nouveaux services à développer dans les logements et l'immobilier de bureaux », indique Pierre Leroy, cofondateur d'EP et président de la proptech.

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a écrit le 06/01/2020 à 0:46 :
Et merci aux structures et aux investisseurs grâce à qui c'est possible !

Étant donnée la taille du marché et les enjeux en terme d'économie d'énergie sur les décennies à venir, il y a de la place pour tout le monde, des plus gros du marché au plus petits.

Les entreprises, ou les administrations publiques, qui disposent souvent de nombreux sites peuvent tester plusieurs offres et confronter les résultats aux promesses, forcément trop génériques car portant sur des cas particuliers, quel que soit le degré de représentativité qui a été recherché. Pour rappel, des bases d'évaluation trop complexes rendent les cycles trop longs et trop coûteux, ce qui a pour corollaire d’annihiler les gains potentiels qu'on peut en tirer.

Le retour qui peut en être tiré, de ces tests, est souvent décisif pour adapter et trouver les bons réglages confort/économie, sur lesquels le client garde entièrement la main. Les centrales de gestion actuelles, encore mieux que dans les années 90, le permettent.
C'est donc un deal gagnant-gagnant.
Enfin, le secteur du tertiaire, par les possibilités qu'il offre, est donc un excellent choix pour se lancer. Un choix naturel aussi. Dommage qu'il n'y ait pas de collectivité territoriale, ni d'administration déconcentrée, dans la liste !

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Un petit retour en arrière sur le même sujet, de l'optimisation du chauffage, pour finir :

A partir des années 80, et avec un prix du pétrole et du gaz qui venait d'exploser, des travaux avaient déjà été lancés pour optimiser le chauffage -électrique- de bâtiments tertiaires.
Parmi les objectifs affichés : Réduire les importations de pétrole et de gaz. A l'époque, déjà plus de 90% de l'électricité française était d’origine atomique ou hydroélectrique, donc peu sensible au prix du gaz et du pétrole.

Plus précisément, un grand électricien avait lancé de nombreuses expérimentations sur des sites de la banlieue parisienne, en collaboration avec un constructeur de convecteurs électriques, un géant des produits électriques et deux laboratoires de recherche.

L'idée : Proposer des offres commerciales et des solutions techniques suffisamment solides pour convertir au chauffage électrique les promoteurs qui construisent des immeubles de bureaux avec à la clé des investissements moins élevés à la construction.

C'était avant internet, et il fallait tirer des fils pour transporter le signal. Signal qui circulait entre la centrale de gestion et les 'terminaux électroniques intelligents' posés sur les convecteurs électriques.
C'était avant le grand bond en avant dans la qualité des capteurs et la baisse de leur prix.
C'était avant l'explosion des capacités de calculs, avec les contraintes induites sur la durée des horizons d'optimisation et l'amplitude des glissements, gages de la maximisation des économies réalisées pour un niveau de confort donné.
...

C'était presque la p.r.é.h.i.s.t.o.i.r.e. !

Pour finir, je pense que seul le modèle simplifié du comportement thermique des bâtiments a pu survivre à cette aventure, même si, malgré tous les avantages qu'il offrait dans le contexte de l'époque, il restait perfectible.

Encore bravo !
Et rendez-vous dans 30 ans pour un nouveau point, à moins que le dérèglement climatique, toujours en accélération, ne transforme radicalement ces sujets.
a écrit le 05/01/2020 à 20:22 :
Je n’en reviens pas de la médiocrité de mon pays , c’est dépassé, on programme quantique actuellement et eux ils sont encore au 20eme siecle
a écrit le 04/01/2020 à 19:17 :
cela fait dix ans que mon équipement de radiateur est équipée de tête programmables honeywell avec de nombreuses fonctionnalités (choix de température à divers moment de la journée, détection fenêtre ouverte,plus de grippage pointeau etc)
Le prix 40 euros par tete pas assez rentable pour les installateurs
Cout annuel deux piles R6
Plus d 'entretien sur les vannes
a écrit le 04/01/2020 à 12:10 :
Gadget inutile.Il y a longtemps que j'ai viré tous mes robinets thermostatiques. Une sonde extérieure, une régulation du départ eau chaude et un thermostat d'ambiance précis bien placé sont largement suffisant.
Compte tenu de l'inertie d'un chauffage central à eau chaude, un détecteur de présence sur une tête thermostatique n'a pas grand intérêt, sauf à avoir froid le temps que le système s'équilibre...et on risque de surconsommer le temps de retrouver l'équilibre !
a écrit le 04/01/2020 à 11:27 :
Pourquoi proposer ce produit juste aux professionnels, en agrandissant le marché Français et en adaptant le prix , le proposer aux particuliers via les fournisseurs d’énergie par exemple , faire des partenariats qui démarquent du classique et l’ouvrir aux maximums de personnes pour économiser l’énergie et en même temps améliorer la santé des populations.

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