Les batteries d’E4V veulent accélérer la transition énergétique

Fournisseur de la batterie de la première voiture électrique lancée par le constructeur vendéen Heuliez en 2011, la start-up mancelle E4V, devenue une PME de croissance spécialisée dans la production de Packs batteries pour les véhicules légers et spéciaux figure parmi les trois lauréats sélectionnés dans les Pays de la Loire par France Relance. Objectif : optimiser la production de petites batteries électriques durables pour accélérer la transition énergétique.

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En 2019, E4V a investi dans la construction d'une unité de prototypage et de production de 3.500 m² au Mans pour accompagner sa croissance. L'entreprise qui compte déjà 25.000 véhicules et engins équipés de ses batteries en circulation dispose désormais d'un outil pour optimiser les process et être capable de répondre à la demande de petites ou de grandes séries.
En 2019, E4V a investi dans la construction d'une unité de prototypage et de production de 3.500 m² au Mans pour accompagner sa croissance. L'entreprise qui compte déjà 25.000 véhicules et engins équipés de ses batteries en circulation dispose désormais d'un outil pour optimiser les process et être capable de répondre à la demande de petites ou de grandes séries. (Crédits : DR)

« Les deux premières voitures électriques MIA équipées d'une solution de batteries E4V affichent 250.000 kilomètres au compteur. Elles roulent toujours et leur batterie se portent bien », assure Denys Gounot, président de E4V, fournisseur des batteries utilisées pour motoriser les premiers véhicules électriques construits par la filiale du constructeur vendéen Heuliez, MIA Electric, aujourd'hui disparue. Neuf ans plus tard, E4V décrochait, l'an dernier, la fourniture du pack batteries de l'AMI, l'innovant et conceptuel véhicule urbain lancé par PSA-Citroën. Une visibilité indéniable.

Passée de start-up à PME de croissance, l'entreprise mancelle, qui développe des solutions de batteries lithium-ion basées sur la technologie du Lithium-ion Phosphate de Fer (LiFePO4), a pris du galon. « C'est un maillon essentiel du véhicule électrique, la batterie ne peut pas tout faire mais elle peut faire beaucoup de choses. Nous avons travaillé sur le marketing technologique, l'électrochimie, le développement d'applicatifs... fait des choix mécanique, thermique, de software, développé notre propre BMS (Battery Management System), autrement dit, la carte électronique capable de gérer le fonctionnement, la sécurité et l'énergie... pour mettre au point une solution fiable, performante et durable... », indique Denys Gounot, fondateur d'E4V, venu s'installer au Mans après avoir piloté de grands groupes industriels dans la fibre optique et les télécoms (Alcatel Alstom, Lucent Technologies...), en France et aux Etats-Unis.

Des problèmes d'électrochimie

« La France était un pays réceptif aux enjeux du véhicule électrique, Le Mans et la région disposaient des atouts industriels et des compétences nécessaires dans l'automobile, l'électronique... J'avais aussi une vision assez précise de l'évolution de l'électrique en Europe. Le problème, à l'époque, c'est que tous les Lithiums n'étaient pas bons à utiliser. Nous nous heurtions à des problèmes de sécurité, de fiabilité, de durée de vie, de surveillance... et donc d'électrochimie», souligne l'ingénieur des ponts et chaussée et polytechnicien qui, entouré d'une équipe d'experts internationaux, se lance dans un vaste audit des producteurs de cellules en Asie et décroche des programmes de recherches français et européens, avec Renault, PSA, de grands équipementiers, l'Ademe... « Parallèlement, nous apportions des solutions aux petits constructeurs, aux PME et ETI, en quête de solutions, pour lesquelles ils n'avaient les moyens de mener les recherches adéquates. Notre métier de start-up, c'était de comprendre la problématique, de savoir avec qui travailler en amont, comment faciliter et accélérer l'innovation pour nos partenaires en aval », dit le chef d'entreprise qui emploie, aujourd'hui 100 personnes dont 50% d'ingénieurs et techniciens.

Des équipements conçus pour durer

Avec le constructeur Ligier, E4V équipe plusieurs milliers de tricycles et quadricycles électriques pour La Poste. L'entreprise va y aller crescendo. D'abord en s'intéressant aux petits véhicules utilitaires utilisés par les collectivités, les municipalités ou Véolia pour assurer le nettoyage des villes ou le ramassage des sacs poubelles. Ensuite, en s'attaquant aux véhicules légers et spéciaux pour Ligier, Goupil ou Gruau. E4V a ainsi été sollicitée par les sociétés Gaussin et Blyyd, spécialisées dans la conception et la commercialisation de produits innovants au service de la logistique et des transports. Objectif : fournir un pack batteries de 150 kWh pour équiper un tracteur capable d'arracher des remorques de 38 tonnes, une fois livrée sur des plateformes logistiques. « Avant c'étaient des tracteurs diesels, conçus pour rouler à plus de 100 km/h qui étaient utilisés pour les manœuvres avant le déchargement. Une ineptie environnementale », reconnait Denys Gounot, aussi approché pour équiper des enjambeurs de vignes où les effluves de gasoil entre les grappes ne sont pas les plus pertinentes. «Toutes nos applications sont au cœur de la transition énergétique. Il ne s'agit pas de fournir un équipement capable de faire 400 kilomètres mais de fonctionner 300 jours par an pendant cinq ans. C'est toute la difficulté de la technologie, qui impose fiabilité, durée de vie, gestion et surveillance», indique Denys Gounot, qui, avant le confinement, a signé une douzaine de contrats pour des engins de chantier, des nacelles, des tracteurs... « Nous poursuivons, maintenant, notre stratégie de croissance en nous diversifiant vers l'énergie stationnaire, à savoir l'équipement de bâtiment autonomes en batteries. Ce sont des domaines de croissance que nous allons chercher les uns après les autres », précise le Pdg d'E4V, dont les équipes de R&D réfléchissent aussi à l'association de l'électrique et de l'hydrogène.

Sur le pas de la porte du grand public

Constituée autour de fonds privés par Denys Gounot et des investisseurs privés, sous la forme de fonds en Family Office, l'entreprise E4V a mené quatre tours de table depuis sa création et a levé plus de 10 millions d'euros. Passée de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014 à 17 millions d'euros en 2019, la start-up est rapidement devenue une PME de croissance. Freinée par des changements de contrats en 2018 et pénalisée par la Covid en 2020, l'entreprise table, cette année, sur un chiffre d'affaires équivalent à 2019.

L'an dernier, elle a investi dans la construction d'une unité de prototypage et de production de 3.500 m² au Mans pour accompagner sa croissance. L'entreprise qui compte déjà 25.000 véhicules et engins équipés de ses batteries en circulation dispose désormais d'un outil pour optimiser les process et être capable de répondre à la demande de petites ou de grandes séries. Et répondre à l'accélération des cadences voulue par la transition écologique. C'est l'enjeu pour lequel elle a été sélectionnée dans le cadre de l'appel à projet lancé par le gouvernement dans le cadre du plan de reconstruction France Relance pour la filière automobile. Avec, à la clé, un chèque de 800.000 euros et une visibilité accrue vers le secteur grand public. « Nous sommes sur le pas de la porte !», conclut le spécialiste du stockage de l'énergie.

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