Fournisseur de la batterie de la première voiture électrique lancée par le constructeur vendéen Heuliez en 2011, la start-up mancelle E4V, devenue une PME de croissance spécialisée dans la production de Packs batteries pour les véhicules légers et spéciaux figure parmi les trois lauréats sélectionnés dans les Pays de la Loire par France Relance. Objectif : optimiser la production de petites batteries électriques durables pour accélérer la transition énergétique.« Les deux premières voitures électriques MIA équipées d'une solution de batteries E4V affichent 250.000 kilomètres au compteur. Elles roulent toujours et leur batterie se portent bien », assure Denys Gounot, président de E4V, fournisseur des batteries utilisées pour motoriser les premiers véhicules électriques construits par la filiale du constructeur vendéen Heuliez, MIA Electric, aujourd'hui disparue. Neuf ans plus tard, E4V décrochait, l'an dernier, la fourniture du pack batteries de l'AMI, l'innovant et conceptuel véhicule urbain lancé par PSA-Citroën. Une visibilité indéniable.
Passée de start-up à PME de croissance, l'entreprise mancelle, qui développe des solutions de batteries lithium-ion basées sur la technologie du Lithium-ion Phosphate de Fer (LiFePO4), a pris du galon. « C'est un maillon essentiel du véhicule électrique, la batterie ne peut pas tout faire mais elle peut faire beaucoup de choses. Nous avons travaillé sur le marketing technologique, l'électrochimie, le développement d'applicatifs... fait des choix mécanique, thermique, de software, développé notre propre BMS (Battery Management System), autrement dit, la carte électronique capable de gérer le fonctionnement, la sécurité et l'énergie... pour mettre au point une solution fiable, performante et durable... », indique Denys Gounot, fondateur d'E4V, venu s'installer au Mans après avoir piloté de grands groupes industriels dans la fibre optique et les télécoms (Alcatel Alstom, Lucent Technologies...), en France et aux Etats-Unis.
Des problèmes d'électrochimie
« La France était un pays réceptif aux enjeux du véhicule électrique, Le Mans et la région disposaient des atouts industriels et des compétences nécessaires dans l'automobile, l'électronique... J'avais aussi une vision assez précise de l'évolution de l'électrique en Europe. Le problème, à l'époque, c'est que tous les Lithiums n'étaient pas bons à utiliser. Nous nous heurtions à des problèmes de sécurité, de fiabilité, de durée de vie, de surveillance... et donc d'électrochimie», souligne l'ingénieur des ponts et chaussée et polytechnicien qui, entouré d'une équipe d'experts internationaux, se lance dans un vaste audit des producteurs de cellules en Asie et décroche des programmes de recherches français et européens, avec Renault, PSA, de grands équipementiers, l'Ademe... « Parallèlement, nous apportions des solutions aux petits constructeurs, aux PME et ETI, en quête de solutions, pour lesquelles ils n'avaient les moyens de mener les recherches adéquates. Notre métier de start-up, c'était de comprendre la problématique, de savoir avec qui travailler en amont, comment faciliter et accélérer l'innovation pour nos partenaires en aval », dit le chef d'entreprise qui emploie, aujourd'hui 100 personnes dont 50% d'ingénieurs et techniciens.