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Auvergne-Rhône-Alpes : l'équilibre des territoires pour peser en Europe

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Lyon du côté des quais de Saône avec, au fond, la passerelle Paul Couturier qui relie le quartier d'Ainay à celui de Saint-Georges.
Lyon du côté des quais de Saône avec, au fond, la passerelle Paul Couturier qui relie le quartier d'Ainay à celui de Saint-Georges. (Crédits : iStock)
Imaginer le futur de la seconde région de France, c'est devoir prendre en compte la grande disparité des territoires qui la composent en offrant une équité entre zones rurales et montagne, métropoles et villes de taille moyenne. Un chantier complexe mais nécessaire si « AURA » veut continuer de peser en France et sur la scène européenne.

Entre les zones montagneuses, les zones rurales, les villes de taille petite et moyenne, les quatre métropoles (Lyon, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand et Grenoble), avec le dynamique pôle métropolitain du genevois français, Auvergne-Rhône-Alpes dispose de toutes les typicités géographiques. Des caractéristiques qui composaient déjà la région Rhône-Alpes et qui se sont renforcées davantage depuis la fusion en une entité avec l'Auvergne au 1er janvier 2015. Le rapprochement a porté AURA au second rang des régions françaises tant pour son PIB et sa population (12 % de la population française) que pour son attractivité.

Un particularisme qui contribue à son rayonnement autant national qu'international. Et sur lequel elle s'appuie pour bâtir son futur dans le but de confirmer son rang et de le faire évoluer. Laurent Wauquiez, président LR du conseil régional, ambitionne ainsi de faire d'AURA « un point central des échanges européens », et dit pour cela miser sur le développement d'infrastructures de transports et l'aménagement du territoire.

Pour y parvenir, Auvergne-Rhône-Alpes fonde sa démarche sur une relation collective entre les acteurs locaux afin qu'ils s'engagent dans une « vision partagée de l'avenir ». En toile de fond, l'équilibre des territoires. Une dimension fondamentale pour construire la région de 2030. « Il s'agit de l'une des préoccupations premières, une clé du futur de la région, mais aussi de toutes les régions au sens plus large », avance Antoine Quadrini, président du Ceser [Conseil économique, social et environnemental régional, ndlr], qui a participé à la co-construction, avec d'autres organisations publiques et privées, de la démarche « Ambition Territoires 2030 » initiée par la collectivité entre avril et octobre 2017.

Préparer l'avenir

Ce document dresse les grandes lignes du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) prévu par la loi NOTRe [Nouvelle organisation territoriale de la République], et doit permettre de préparer l'avenir des prochaines générations. La concertation a fixé quatre objectifs généraux :

« Garantir un cadre de vie de qualité pour tous ; innover pour réussir les transitions et mutations ; développer la région par l'attractivité et les spécificités de ses territoires ; inscrire la région dans le dynamisme transfrontalier et européen. »

Les deux derniers points devront cohabiter intelligemment - les acteurs se disent vigilants. « Il faut tenir les deux bouts de la chaîne. En d'autres termes, la Région dispose de toute la panoplie pour devenir une grande collectivité européenne, et peut renforcer son ambition avec, notamment, le soutien à des grands projets d'infrastructure, mais elle doit surtout mener ce chantier en tenant compte de l'équilibre des territoires, ajoute le président du Ceser.

Il s'agit d'un fil rouge. Il n'existe pas de territoire sans avenir, il n'existe que des territoires sans projet », soutient-il.

Un dialogue entre élus qui doit se transformer en actions

Cette vision demande un dialogue constant entre les élus et devra surtout se transformer concrètement en actions. La Région se veut médiatrice et motrice en ce sens, et reprend le rôle qui pouvait incomber à l'État. Lequel, à ses yeux, « n'exerce plus son rôle de garant de la solidarité territoriale et se désengage, par exemple sur le contournement routier de Lyon, abandonne le Lyon-Turin, ou encore envisage la fermeture de 9 000 km de petites lignes SNCF », estime la collectivité. Et elle annonce « son souhait de contribuer directement à certains investissements afin d'accélérer leur réalisation comme sur des projets routiers, de transports, et des voies vertes essentiels et structurants pour les territoires d'Auvergne-Rhône-Alpes ».

Au-delà, et toujours dans le plan Ambition Territoires 2030, la collectivité place l'environnement et l'énergie en tête de ses priorités. Ainsi, elle a fait le choix de « soutenir l'innovation écologique apportant un soutien aux filières d'écoconception et d'écoconstruction ». Et veut « déployer de grandes filières d'énergies renouvelables comme les filières de méthanisation, du thermique et de l'hydrogène vertes ». Autant de projets « nécessaires au développement futur » d'Auvergne-Rhône-Alpes, 20e région d'Europe, mais qui ne pourront se réaliser qu'« en cohérence les uns avec les autres ».

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ENCADRÉ

Région Auvergne-Rhône-Alpes : les données clés

  • Population totale : 8 037 059 habitants
  • PIB par habitant : 31 639 euros (2015)
  • Taux de chômage : 7,6 % (4e trim. 2017)
  • Président du conseil régional: Laurent Wauquiez (LR)

(Source : Insee)

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| Comment vos régions préparent le futur : retrouvez les autres articles de notre Dossier spécial dans La Tribune Hebdo n°261 daté du 21 septembre 2018 :

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H261, couv, La Tribune Hebdo,

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