Le Grand Paris Express métamorphose les transports et les gares

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Photo d'illustration. Au-delà des transports, tout l'enjeu du Grand Paris Express est de transformer les gares et les villes qu'il traverse.
Photo d'illustration. Au-delà des transports, tout l'enjeu du Grand Paris Express est de transformer les gares et les villes qu'il traverse. (Crédits : DR)
FORUM PARIS CITY LIFE. Le futur super-métro s’apprête à transformer la mobilité des Franciliens et l’aménagement urbain.

Deux cents kilomètres de lignes automatiques, soit autant que le métro actuel, et 68 gares : le Grand Paris Express, dont la livraison est prévue pour 2030 avec de premières mises en service dès 2024, est un chantier colossal.

Via ses quatre nouvelles lignes (en plus du prolongement de la 14), le futur super-métro, essentiellement souterrain, traversera les territoires du Grand Paris et les reliera à la capitale. Sandrine Gourlet, directrice exécutive, chargée des relations extérieures de la Société du Grand Paris, résume les ambitions de ce premier acte du Grand Paris :

« Des quartiers aujourd'hui isolés seront désenclavés. En outre, 80 % des gares seront connectées aux réseaux existants. Aujourd'hui, pour aller de banlieue à banlieue, il faut passer par Paris. Demain, ce ne sera plus le cas », énumère-t-elle.

Autre atout, dit-elle, « le système de transport sera plus résilient : en cas de difficultés sur une ligne, une autre pourra être utilisée ». Et enfin, « 90 % des habitants de l'Île-de-France seront à moins de deux kilomètres d'une gare, qu'ils pourront rejoindre en bus, à vélo ou à pied », ajoute-t-elle. De quoi faire changer les habitudes de déplacement...

Conséquence, l'aménagement des quartiers de gare est à repenser pour accueillir ces nouvelles mobilités. Plus qu'une politique de mobilité, c'est donc une politique d'urbanisme qui doit être élaborée.

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35 gares d'ici 2025

C'est tout l'enjeu du Grand Paris Express qui, au-delà des transports, transforme les gares et les villes qu'il traverse. En effet, 140 km2 d'espaces urbains autour des gares sont à réinventer. Ainsi, dans les 35 gares qui devraient voir le jour à l'horizon 2025, 186 projets d'urbanisme ont été engagés, d'après l'étude « Mutations dans les quartiers de gare du Grand Paris Express », qui vient d'être publiée par l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur). Sur la décennie à venir, ces projets devraient faire émerger 84.000 nouveaux logements, 2,5 millions de m2 de bureaux et plus de deux millions de m2 de surfaces d'activités autres.

Ces quartiers vont-ils changer de physionomie ? « Il y aura des endroits où elle changera et des endroits où elle ne changera pas. Mais l'ensemble du système métropolitain évoluera puisque, partout, la mobilité sera de type métro : là où un usager met actuellement une demi-heure pour aller travailler, voir des amis, aller au théâtre... il fera de même, mais sur un territoire beaucoup plus vaste. C'est une vraie révolution », estime Dominique Alba, directrice générale de l'Apur.

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Les gares, hubs d'intermodalité

Selon Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris en charge de l'urbanisme, l'un des éléments indispensables pour que le Grand Paris Express soit une réussite sera l'intermodalité.

« Si on ne fait pas des gares du Grand Paris Express des hubs d'intermodalité anticipant toutes les innovations en cours - covoiturage, voiture autonome, desserte à la demande et logistique de transport de personnes sur le dernier kilomètre - on risque de passer à côté de l'essentiel », estime l'élu.

« La gare est le réceptacle de l'intermodalité », confirme de son côté Claude Solard, directeur général de Sncf Gares et Connexions, pour qui l'un des paris du Grand Paris Express est celui d'avoir « enfin une vision du fonctionnement de l'Île-de-France qui ne soit pas uniquement sur une logique radiale [de rayon partant d'un centre, ndlr]. Il faut que cela change dans l'esprit des usagers et des décideurs ». Pour relever le pari, « l'organisation de l'ensemble des dessertes du territoire par le vélo, la voiture (y compris dans ses nouvelles formes), les transports collectifs en bus... est essentielle ».

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