Périphérie, centre-ville, quelle altérité ?

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Á l'avenir, on ne devrait plus être obligé de repasser par le centre pour se rendre d'une périphérie à l'autre.
Á l'avenir, on ne devrait plus être obligé de "repasser par le centre" pour se rendre d'une périphérie à l'autre. (Crédits : Décideurs en région)
[#ForumSmartCity] L'opposition centre-ville/périphéries semble irréversible et de plus en plus dommageable à la mixité sociale et au "vivre ensemble". Mais nos trois intervenants de la conférence "Centre-périphérie", tenue à l'occasion du forum Smart city organisée du 26 au 28 novembre par La Tribune, proposent des solutions basées sur les nouvelles technologies, les réseaux sociaux et une conception volontariste de l'urbanisme.

L'urbaniste portugais Fernando Nunes da Silva, élu de la ville de Lisbonne et président de l'Association internationale de développement urbain, rappelle d'abord que la mixité de nos villes, loin de progresser, n'a fait que régresser depuis deux siècles : les "centres" ont repoussé tout ce qui les gênait ou les inquiétait - pauvreté, exclusion, pollution - à leurs périphérie.

"La solution, estime-t-il, c'est de ne pas baisser les bras, considérer qu'on n'y peut rien, et par exemple recréer de la centralité dans les périphéries, par exemple en y implantant des administrations, des universités ou un stade, de façon à les re-dynamiser."

Á l'avenir, on ne devrait plus être obligé de "repasser par le centre" pour se rendre d'une périphérie à l'autre, qu'il s'agisse de travailler, de voyager ou de se distraire, insiste la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury :

"Le centre reste encore trop souvent cet objet d'un désir convergent : 'ça passe par là' pour faire des choses et l'on a fini par comprendre que ce n'est pas en créant de fausses centralités comme ces immenses mall commerciaux, vides après 18 heures, qu'on recréera du 'vivre ensemble'."

Repenser la mobilité pour les périphéries

Pour y parvenir, il convient d'abord de cesser de stigmatiser les périphéries, qui ont elles aussi beaucoup à offrir, et d'abord leur inventivité et leur jeunesse, à des centres vieillissants et "boboïsés".

"Les réseaux sociaux, par exemple, permettent désormais aux périphéries de dialoguer ensemble sans avoir besoin du centre", souligne Cynthia Fleury.

Confirmation de Fernando Nunes da Silva :

"Tout se joue sur la mobilité. Mais pas seulement sur la mobilité physique, autrement la facilité de se déplacer du centre vers la périphérie et réciproquement, mais aussi sur la mobilité numérique qui relie maintenant les gens, les 'tribus', plus sûrement que le métro."

Le Catalan Esteve Almirall, directeur du Centre pour l'innovation dans les villes, donne en exemple des villes comme Barcelone, mais aussi, dans le passé, Florence ou Venise, qui ont su (re)créer des "petits centres"... décentralisés dans leurs périphéries. Il propose, dans cet esprit, de "réinventer une autre centralité" !

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