"L'ubérisation ne doit pas toucher l'enseignement de la conduite automobile"
Marie-Annick Depagneux
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Acteurs de l'économie-La Tribune. Le 54e congrès national du CNPA (Conseil national des professions de l'automobile)* qui s'ouvre ce vendredi à Lyon pour trois jours, sera marqué par la signature d'une charte européenne destinée à promouvoir une éducation routière professionnelle de qualité. Cette "déclaration de Lyon", ainsi que vous la présentez, est-elle défensive ou offensive ?
Patrice Bessone. C'est offensif. Notre propos n'est pas de défendre un pré carré corporatiste. Nous voulons combattre l'ubérisation : elle a certainement du bon dans certains domaines mais elle n'a pas sa place dans l'enseignement de la conduite automobile. On n'imagine pas l'ubérisation de l'éducation nationale. Une auto-école doit être une école qui respecte un programme européen. Quand cet enseignement est bâclé le nombre de tués sur les routes augmente. En un an, d'avril 2016 à avril 2017, il a crû de 10 points en France. Et les jeunes sont les premières victimes. D'où cette déclaration qui sera adressée à Bruxelles. A Lyon seront réunis des représentants d'une quinzaine de pays : Europe du Nord, du Sud, Grande-Bretagne.
Vous dénoncez ce phénomène d'ubérisation. Les auto-écoles traditionnelles ne regardent-elles pas passer un train qui va dans le sens de l'histoire ?
Le sens de l'histoire c'est une trajectoire avec une direction. Non, les auto-écoles traditionnelles ne sont pas ringardes. Elles sont présentes sur le Net et dispensent des cours en e-learning. Nous nous attaquons à ces plateformes Internet qui mettent en relation des moniteurs avec des jeunes. C'est interdit. On ne peut tolérer ce principe : des enseignants faisant de la maraude au coin des écoles pour récupérer des clients. Il faut une totale traçabilité de ces personnes. Ont-ils un diplôme ou sont-ils des usurpateurs ?
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Ces plateformes de mise en contact, combien sont-elles ?
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Difficile de les comptabiliser. Leur nombre est de plus en plus important. Cela prend une ampleur exponentielle. D'ailleurs, il y a quelques semaines - c'était avant l'élection présidentielle - nous avons été informés d'une instruction co-signée par trois ministères - Bercy, l'Intérieur et le Travail- rappelant que ces plateformes et leur enseignement, sans agrément, sont formellement interdits. Des consignes ont été transmises aux Préfets de faire procéder à des contrôles. Le problème est donc pris au sérieux au niveau de l'Etat.
Marie-Annick Depagneux