LA TRIBUNE - La guerre en Ukraine a bouleversé pas mal de choses, et soulève notamment des craintes que certains pays ne choisissent de revenir, plus ou moins temporairement, aux énergies fossiles ou au charbon pour retrouver de la souveraineté et pallier à l'urgence. Quelle est votre conviction à ce sujet ?
DIEGO PAVIA - Il faut pouvoir manger à la fois aujourd'hui, mais aussi demain. C'est pourquoi ce sera un peu des deux. C'est-à-dire que lorsqu'on arrête le gaz russe, il faudra aussi pouvoir le substituer par d'autres gaz non russes, et il faut le faire, mais en accélérant.
C'est le sens de l'annonce REPower EU de la Commission européenne (qui vise à atténuer la dépendance du gaz russe en misant notamment sur le déploiement des énergies renouvelables et des pompes à chaleur, ndlr). Tout ce que l'on devait faire va être fait plus tôt, en changeant les sources d'approvisionnement.
Avec cette nouvelle crise, on voit l'intérêt vers les projets de méthanisation et les biogaz bondir. Est-ce que c'est des projets que vous pouvez suivre ? Ce n'était pas dans vos axes prioritaires, mais est-ce que ça va le devenir ?
Les biogaz font partie des axes sur lesquels on travaille. On les suit depuis des années, mais on n'animait jusqu'ici pas de chaîne de valeur à l'échelle de l'Europe, comme c'est le cas pour l'hydrogène, les batteries ou le solaire. Mais on a des investissements dans certaines startups qui ont été faits il y a quelques années, on a C-Green en Suède, Naoden (pyrogazification), Arol (Biogaz)...
Nous y travaillons nous-même, et nous recevons d'ailleurs un certain nombre de demandes d'industriels qui veulent savoir quelles sont les innovations les plus matures dans ce domaine, afin de pouvoir les mettre en œuvre très rapidement.