L'Auvergnat GCK valide un tour de table de 50 millions d’euros et fait entrer à son capital un financeur majeur du secteur de la mobilité décarbonée : le fonds de capital risque Shift4Good. Leader du rétrofit à l’hydrogène des véhicules lourds, Green Corp Konnection va s’appuyer ces financements pour accélérer son passage à l’échelle industrielle et son expansion à l’international. Le tout dans un contexte tendu pour la filière hydrogène.Comment convaincre des investisseurs d'injecter des dizaines de millions d'euros dans une entreprise française de la filière hydrogène, dans un contexte tiré vers le bas par de fortes tensions sur la production et les coûts ?
C'est la performance que vient de valider le jeune industriel de la mobilité décarbonée Green Corp Konnection (GCK), spécialisé dans le rétrofit électrique/hydrogène de véhicules lourds, mais aussi dans la conception et la production de batteries lithium, de moteurs électriques et à combustion.
En effet, l'entreprise auvergnate, basée à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), annonce aujourd'hui une nouvelle levée de fonds de 50 millions d'euros, dont 40 millions dans ce closing intermédiaire et 10 millions dans une deuxième phase qui interviendra d'ici à la fin de l'année.
Dans ce tour de table, les investisseurs historiques de GCK, ainsi que l'entreprise Motul, ont renforcé leurs positions. Mais surtout, l'industriel clermontois a topé avec le fonds français de capital-risque Shift4Good, spécialiste de la mobilité durable et premier fonds mondial indépendant dédié à cette thématique. Il s'agit de la troisième levée de fonds de GCK, la précédente étant intervenue en 2022 pour un montant de 15 millions d'euros.
« Agnostique » de la décarbonation
Sur les recettes qui ont permis à GCK de signer dans un environnement défavorable et « d'hydrogène bashing », Éric Boudot, le président de l'entreprise, se veut plutôt cash : « La France fait aujourd'hui l'erreur de ne pas s'intéresser vraiment à l'hydrogène. Pourtant la décarbonation des transports ne pourra se faire sans hydrogène ».
« Il est clair que la filière vit actuellement un moment difficile sur le territoire français mais il n'y a pas que la France. Même si nous essayons de consolider nos bases ici, il y a un business important à aller chercher à l'étranger, les investisseurs en sont bien conscients. Nous discutons avec des clients potentiels en Inde et plus largement en Asie du Sud-Est », indique le président de GCK.
Stéphanie Gallo Triouleyre