Alors que l’élevage de ruminants est responsable de 14,5 % du total des émissions mondiales des gaz à effet de serre, comment réduire l’impact carbone des exploitations ? Le projet Life Carbon Farming, lancé en octobre 2021 et soutenu par la Commission européenne, tente de répondre à cette problématique en construisant un système de récompense financière basée sur le résultat, au travers de certificats carbone vendus à des entreprises. 700 fermes en Europe participent, dont plus de 400 en France, avec une belle proportion en Auvergne. Explications et retours d’expérience.Frédéric Capsenroux est éleveur dans le Cantal, près d'Aurillac. A la tête d'une exploitation de 75 vaches Salers, il voulait améliorer ses pratiques afin d'avoir un impact positif sur l'environnement. Il s'est donc engagé, il y a deux ans, dans le projet Life Carbon Farming. Soutenu par la Commission européenne, ce programme s'est doté comme objectif de diminuer de 15 % l'empreinte carbone des exploitations sur une période de cinq ans.
Pour cela, les efforts des agriculteurs sont rémunérés en fonction des résultats obtenus et des tonnes de carbone non émises sur les exploitations. Un enjeu essentiel alors que l'élevage de ruminants serait responsable de 14,5 % du total des émissions mondiales des trois principaux gaz à effet de serre (méthane, dioxyde de carbone et protoxyde d'azote), selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.
700 fermes européennes (Allemagne, Belgique, Italie, Espagne et Irlande) sont inscrites dans le dispositif, dont plus de 400 en France. En Auvergne, ce sont 58 fermes qui se sont portées volontaires. Un engagement fort qui s'inscrit dans une nouvelle tendance bien mise en avant au Sommet de l'élevage, qui se veut désormais le Mondial de l'élevage durable. Il réunit, cette semaine, le secteur à Cournon-d'Auvergne dans le Puy-de-Dôme.
Pâturage exclusif et vêlage précoce
Sur place, Frédéric Capsenroux a détaillé les adaptations mises au point sur sa ferme, notamment sur l'alimentation de ses bovins.
« J'ai optimisé mon pâturage. Mes bêtes ne sont nourries qu'avec de l'herbe ou du foin provenant de mon exploitation. Je n'achète plus les mélanges de maïs ou de tourteaux de soja qui venaient complémenter leur nourriture et apporter des protéines. L'idée est d'être autonome et de rester toujours autant productif », explique cet éleveur.