« Les NGT représentent un enjeu de souveraineté et de sécurité alimentaire pour demain ». Sébastien Vidal, président de Limagrain, veut marquer les esprits. Le quatrième semencier mondial travaille sur ces nouvelles techniques génomiques depuis 2017, mais il n'a pas le droit de mettre en culture et encore moins de vendre les variétés de céréales ou de légumes issues de cette recherche. Limagrain attend l'aval du Conseil européen qui doit encore se prononcer après le feu vert accordé par le Parlement européen, en février.
« Il faut environ dix ans pour créer une nouvelle variété de blé, capable de répondre aux attentes et aux besoins des agriculteurs, que ce soit pour faire face au stress hydrique ou aux différentes maladies par exemple. Avec ces technologies, nous pourrions gagner un à deux ans, ce qui est considérable. Et c'est d'autant plus essentiel que nous sommes dans une course contre la montre face au dérèglement climatique et à ses nombreuses conséquences. Les NGT nous redonnent de la vitesse », explicite Sébastien Chauffaut, directeur général de Limagrain.
Selon lui, ces NGT seraient un dispositif de plus dans leur boîte à outils pour améliorer les semences de grandes cultures (maïs, tournesol, blé, colza...) et les semences potagères que le groupe commercialise partout dans le monde.
Ces nouvellestechnologies permettent, en fait, de cibler de manière chirurgicale, « comme aux ciseaux », les gènes et de couper, remplacer ou inactiver des morceaux d'ADN. Une technique qui permet d'être plus précis, sans pour autant ajouter de séquence étrangère à la plante contrairement aux OGM.Mais c'est aussi là tout le débat.