L’enseigne iséroise de produits bio sort la tête de l’eau avec un retour à l’équilibre financier cette année. Dans un contexte de douce reprise du marché, l’arrivée au capital du fonds français UI Investissement marque la sortie de la procédure de sauvegarde de l'Eau vive. Elle vise aussi à lui donner les moyens de déployer son plan de relance, qui s'appuie désormais sur trois grands axes.L'horizon semble enfin se dégager pour L'Eau Vive. Avec l'arrivée à son capital, début septembre, du fonds français dédié PME et ETI françaises non cotées UI investissement (via son véhicule FPCI Opportunités Refions 3, dédié à la restructuration des PME sous-performantes), l'enseigne iséroise de magasins bio va pouvoir accélérer la mise en œuvre de son plan de retournement.
Après trois années difficiles, l'Eau Vive avait en effet dû se placer, en juin 2023, sous la protection du tribunal de commerce de Grenoble dans le cadre d'une procédure de sauvegarde. L'une des pionnières du secteur - l'entreprise va fêter ses 45 ans et se place en 8e position à l'échelle nationale en nombre de magasins, selon un classement établi en février 2024 par le média Circuits Bio- , avait en effet subi de plein fouet le retournement brutal post-covid du marché, à l'issue d'une décennie de croissance.
L'Eau Vive avait alors vu son chiffre d'affaires se rétracter, passant de 48,7 millions d'euros en 2022 à 43,6 millions d'euros en 2023, la contraignant à alléger drastiquement ses coûts. Alors qu'elle avait compté jusqu'à 70 boutiques à ses beaux jours (en propre et en franchise), elle en affiche désormais 31, dont neuf en franchise (270 salariés), pour l'essentiel situés en Auvergne-Rhône-Alpes. Quatre magasins ont été fermés en 2022 (dont deux en propre), 13 en 2023 (dont quatre en propre) et deux en 2024.
Des difficultés qu'elle n'était pas la seule à traverser, comme le rappelait à La Tribune il y a quelques mois, Franck Rosenthal, expert en marketing du commerce.
« Elles n'ont pas toutes le même degré de difficulté, mais la grande majorité des enseignes spécialisées dans le bio sont en souffrance. Que ce soit Naturalia, La Vie Claire, Biocoop, Les Nouveaux Robinsons etc. Toutes se sont trouvées confrontées à un brusque retournement de marché. C'est brutal mais l'offre était devenue trop importante par rapport au marché, les enseignes ont ouvert trop de magasins et trop vite ».
A cette analyse, Nicolas Penelle, nommé directeur général de l'entreprise en début d'année par l'ancien actionnaire majoritaire (Didier Cotte) et confirmé DGA par UI Investissement (aux côtés de la présidente Christine Jacquier) ajoute l'inflation, qui contraint les consommateurs à faire des arbitrages et une dispersion de l'offre entre les magasins spécialisés, les grandes surfaces et la vente directe.
Stéphanie Gallo Triouleyre