Vins : à rebours de la crise, la PME Oé mise sur l’agroécologie
Stéphanie Gallo Triouleyre
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Oé est désormais propriétaire de ce domaine de six hectares.
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La filière viticole française traverse une période de défis économiques et de profondes transformations. La consommation mondiale de vin a chuté de 70 % en moyenne au cours des 60 dernières années, selon une étude du Comité National des Interprofessions du vin. Cette baisse s'accompagne d'une surproduction dans certains territoires, comme le Bordelais, qui a été contraint de lancer une campagne d'arrachage de vignes pour ajuster son offre.
Les vignobles des Côtes-Du-Rhône ne sont pas épargnés. Lors de la dernière campagne terminée en juillet 2023, les crus des Côtes-Du-Rhône ont enregistré une baisse de 6 % de leur commercialisation, et les prix ont chuté de 10 à 15 % en moyenne, voire jusqu'à 50 % dans certaines exploitations. Un « phénomène de panique », selon Philippe Pellaton, président d'Inter Rhône, a poussé certains producteurs à brader leurs vins par crainte de surstocks.
Face à cette conjoncture défavorable, la marque Oé, spécialisée dans les vins biologiques, poursuit une trajectoire notable. Fondée en tant que négociant, Oé s'approvisionne auprès d'une vingtaine de vignerons partenaires et embouteille ses 400 000 bouteilles annuelles dans le Beaujolais. Depuis 2020, elle s'affiche comme un producteur de vins bio, cherchant à s'engager plus avant dans une viticulture respectueuse de l'environnement.
« Malgré les difficultés de la filière, Oé est en croissance. Nos vins, appréciés par les jeunes générations pour leur impact écologique, continuent de trouver leur place », explique Sophie Cucheval, directrice filières et régénération chez Oé. Entre 2020 et 2023, les ventes de la marque sont passées de 200 000 à 400 000 bouteilles.
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Ce mois-ci, Oé franchit une nouvelle étape en faisant l'acquisition d'un domaine viticole dans la Drôme, à la frontière du Vaucluse. Ce domaine de six hectares, cultivé en bio depuis cette année, permettra à la marque de produire environ 35 000 bouteilles, dont des Côtes-Du-Rhône et un rosé IGP Méditerranée. Ce projet est financé par une Foncière solidaire créée par Oé, agréée ESUS (Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale).
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