Climat : face aux pertes, les éleveurs demandent un complément au calcul par satellite
Emma Rodot
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Dans le département du Cantal, 95% des surfaces agricoles sont dédiées à l'élevage. Le département est d'ailleurs le deuxième de France en nombre de vaches par habitant (3,11) selon l'Insee.
La méthode d'indemnisation des éleveurs en cas de mauvaise pousse de l'herbe est aujourd'hui réalisée par images satellite. La profession pointe son manque de fiabilité en cas de grêle et demande d'ajouter une expertise terrain.
Ces deux dernières années n'ont pas été trop « mauvaises » dans les prairies d'Auvergne : le climat n'a été ni trop humide, ni trop sec. Pourtant, dans le Cantal, quelques épisodes de grêle ont touché une poignée d'exploitations agricoles avec des pertes dépassant les 20%, juge la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA-15). Tout comme dans l'Allier, nous a confirmé le président de la Chambre d'agriculture du deuxième département allaitant français.
Ces épisodes, de plus en plus intenses et nombreux avec le changement climatique - orages, fortes pluies, sécheresses - nécessitent un système d'indemnisation face à la perte de récolte en herbe, utilisée pour nourrir les cheptels les mois d'hiver.
« L'assurance prairies », dont l'indice de perte est aujourd'hui calculé à partir d'images satellites, remplace ainsi l'ancien système des calamités agricoles depuis janvier 2023 : les éleveurs sont désormais incités à s'assurer pour être indemnisés à partir de 20% de perte de récolte. Après 30%, l'État prend le relais. Un système en principe plus avantageux pour les éleveurs, qui devaient auparavant demander une expertise des services de l'État suivie d'un long délai avant leur indemnisation. Pour autant, ils assurent constater dans certains cas des failles dans le déclenchement du nouveau système et ce, en raison des limites de son modèle d'évaluation basée sur un algorithme.
La méthode « Airbus »
Celui-ci, développé par le constructeur aéronautique français, évalue la pousse de l'herbe en s'appuyant sur des images satellites quasi quotidiennes. Il étudie ainsi la colorimétrie des prairies françaises, à laquelle s'ajoutent d'autres indicateurs météorologiques afin d'évaluer au mieux l'état des herbages.
Une méthode retenue par l'État pour l'ensemble des assureurs, alors que la seule expertise de terrain engendrait jusqu'alors plusieurs écueils : le suivi quotidien de la pousse par l'État s'avérait non seulement impossible, mais la quantité de fourrage in fine déclarée par l'éleveur ne pouvait également être exacte d'un point de vue comptable (plusieurs coupes dans l'année, des prairies pâturées), tandis qu'elle ne disait pas grand-chose des différents aléas climatiques survenus.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.