Nucléaire : et si de nouvelles tours étaient construites au pied des centrales du Rhône ?
Emma Rodot
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Deux des quatre réacteurs de 900MW de la centrale nucléaire du Bugey (Ain) fonctionnent déjà en circuit fermé, grâce à quatre tours aéroréfrigérantes. Les deux autres existants, ainsi que les deux réacteurs EPR2 projetés sur le site, pourraient eux...
Face aux effets du changement climatique, le comité de bassin Rhône-Méditerranée, organe de l'Agence de l'eau, vient d'inscrire « 30 défis » adressés aux exploitants du fleuve et de ses affluents dans son plan d'adaptation 2024-2030, rendu public mi-décembre. Les centrales nucléaires n'y échappent pas : celles du Bugey et du Tricastin, fonctionnant aujourd'hui en tout ou partie en circuit dit « ouvert », sont invitées à réfléchir à des solutions pour « réduire les prélèvements et les rejets thermiques » d'ici à 2030. Une partie d'entre elles pourrait se trouver du côté de la construction de...
Comment adapter le parc nucléaire français au changement climatique ? Et notamment les centrales en bord de Rhône, dont les températures augmentent d'année en année ?Ces questions ont notamment été soulevées lors des canicules et de la sécheresse de l'été 2022, lorsque les plafonds de températures de rejets en eau de plusieurs centrales nucléaires, en bord de fleuve, ont été temporairement réhaussés par dérogation de l'Autorité de sûreté nucléaire. L'objectif, alors : assurer une production minimale d'électricité, malgré les fortes températures de l'eau des fleuves, au risque d'affecter la faune et la flore. Cela a notamment été le cas de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), qui prélève et rejette de l'eau dans le Rhône pour alimenter les circuits de refroidissement de ses quatre réacteurs de 900MW.
Dans le Sud-Est de la France, l'enjeu constitue un véritable défi pour EDF, appelé comme les autres exploitants du Rhône et de ses affluents à limiter ses prélèvements pour le refroidissement des centrales - sans que cela ne contrevienne à la sûreté nucléaire, ces circuits étant séparés du bâtiment réacteur et de la salle des machines.
Demander au secteur «d'engager des études technico-économiques (...) pour réduire les prélèvements et les rejets thermiques des réacteurs fonctionnant en circuit ouvert, afin de permettre une prise dedécision à l'horizon 2030 pour les sites de Bugey et de Tricastin», situés au bord du Rhône.
Autrement dit, étudier la possibilité de convertir les circuits de refroidissement de ces six réacteurs d'ouvert à fermé. Et ce, notamment en construisant de nouvelles tours aéroréfrigérantes pour évacuer la vapeur, afin de limiter les prélèvements et les rejets thermiques dans le Rhône. Fleuve dont les températures ont déjà augmenté de +2,2 degrés en moyenne au nord et de +4,6 degrés au sud entre 1970 et 2022 selon l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse. Le tout, « sous l'effet conjugué de l'augmentation de la température de l'air et de l'implantation de centrales nucléaires de production d'électricité », indique l'institution dans son dernier rapport sur les effets du changement climatique, publié début 2023.
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