ANALYSE. La Métropole de Lyon porte dans ses cartons l’immense chantier des réseaux de chaleur urbains. Parmi les projets de la mandature écologiste : l’extension de l'un des sept réseaux existants, mais aussi la création de deux nouveaux, dont l’un prévoit d’alimenter en calories 14.500 équivalents logements supplémentaires. Et ce, avec de l’énergie décarbonée ou récupérée, ce qui constitue encore un défi à la fois technique et économique, pour rompre avec les 34 % de gaz fossile toujours distribués dans la Métropole.Il s'agit de l'un des projets phares de ce milieu de mandat : le réseau de chaleur urbain du sud-ouest lyonnais, qui permettrait d'alimenter quelque 14.500 équivalents logements en chauffage collectif à partir de fin 2025, se rêve comme l'un des plus grands réseaux de chauffage collectif de la Métropole de Lyon.
Il entend en effet distribuer chaque année près de 140 GWh d'énergie thermique, entièrement renouvelable ou récupérée, aux habitants des communes d'Oullins-Pierre-Bénite, de Saint-Genis-Laval et de La Mulatière, au sud-ouest de la capitale des Gaules. Et ce, afin de réduire la part de gaz fossile dans le mix énergétique, qui représente encore 34 % des calories distribuées en moyenne dans les sept réseaux de chaleur en activité du Grand Lyon.
Un dossier d'envergure, chiffré à 350 millions d'euros pour 25 ans d'exploitation, dont l'attribution le 29 janvier dernier à la société Coriance a notamment suscité des soupçons de « favoritisme », après l'envoi d'un courriel anonyme. Mais si la polémique désenfle peu à peu - notamment après le rejet du recours de la société concurrente Idex devant le tribunal administratif - elle a mis un coup de projecteur sur les deux ans de négociations de ce dossier, là où les réseaux de chaleur sont vus comme une des solutions dans la main des zones urbaines pour réduire les émissions de carbone du chauffage : elles représentaient en effet près de 78 % des émissions de CO2 des logements en 2021, indique l'Etat.
À Lyon, étendre les réseaux et augmenter la part d'ENR
Car les réseaux collectifs tendent peu à peu vers davantage d'énergies renouvelables et récupérées : chaleur fatale (jusqu'alors perdue par certaines industries), utilisation de la biomasse (chutes de bois, biogaz)... Ces ressources représentent aujourd'hui 66 % des calories distribuées en moyenne dans les réseaux de chaleur de la Métropole de Lyon (40 % proviennent de la chaleur fatale des incinérateurs de Gerland et de Rillieux-la-Pape et 26 % de la filière bois-énergie).