Après quatre mois de débat au printemps 2025, la Commission nationale du débat public livre ses recommandations à l'État, EDF et RTE dans le cadre du projet de troisième paire de réacteurs nucléaires EPR2, qui pourraient être implantés au Bugey (Ain), après Penly (Seine-Maritime) et Gravelines (Nord).
Alors que l'autorité tire globalement un premier bilan « positif » des réunions publiques, elle souligne malgré tout des points à préciser, notamment sur la question des coûts du projet et de leur financement.
Il était en effet attendu que ces questions budgétaires trouvent des réponses complémentaires lors de ce troisième débat. La CNDP entendait précisément s'appuyer sur les dernières estimations d'EDF, annoncées pour fin 2024. Finalement, en raison du retard des études de conception générale (basic design) des réacteurs, ces dernières ont été repoussées à fin 2025. Un retard confirmé par voie de presse au cours du débat, qui a poussé l'autorité indépendante à s'interroger sur la pertinence de sa poursuite.
La réunion publique sur les coûts a ainsi été reportée de plusieurs semaines, pour finalement se dérouler le 6 mai dernier, à la fin du débat. Lors de celle-ci, EDF a confirmé un montant, datant de décembre 2023 et déjà rendu public : 67,4 milliards d'euros (2020, hors inflation) pour les six premiers réacteurs EPR2, sans prendre en compte le besoin de financement (à savoir la mobilisation des crédits nécessaires).
« Cette estimation [à la date actuelle], nous l'avons fait auditer par l'État et elle a été transmise à la Cour des comptes également pour analyse », avait alors expliqué Nicolas Machtou, directeur du programme nouveau nucléaire France d'EDF. « Nous nous sommes donnés jusqu'à la fin de l'année 2025, pour affiner ce devis. Le chiffrage définitif, complet et engageant, qui engagera EDF, sera transmis à l'État en décembre 2025 pour qu'il puisse être analysé », puis discuté avec l'Union européenne, avait-il précisé.