Secoué par l'incertitude mondiale, STMicroelectronics poursuit sa chute
Emma Rodot
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Sur le site isérois de STMicroelectronics, la réorganisation stratégique du groupe franco-italien, qui entraînera de nombreux départs, inquiète les salariés. (Crédits : DR)
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Le géant franco-italien des semi-conducteurs voit son bénéfice net chuter de 83,6 % au premier trimestre 2025 par rapport au précédent. L'incertitude mondiale liée aux droits de douane s'ajoute à une crise de la demande.
Le climat est morose chez STMicroelectronics. Les résultats financiers du premier trimestre 2025 confirment la poursuite de la dégringolade : avec un recul de 24,2 % du chiffre d'affaires (2,517 milliards de dollars) par rapport au trimestre précédent et de 83,6 % de son bénéfice net (56 millions de dollars), le géant franco-italien des semi-conducteurs subit de plein fouet ce début d'année 2025. Et ce, après une année 2024 déjà ternie par un recul de son bénéfice net, quasiment divisé par trois en un an.
Des résultats en phase avec les prévisions de la société : « Le chiffre d'affaires net du premier trimestre s'est établi en ligne avec le point médian de nos prévisions commerciales, grâce à une hausse du chiffre d'affaires dans les secteurs de l'électronique grand public, compensée par un chiffre d'affaires inférieur aux prévisions dans les secteurs de l'automobile et de l'industrie », explique son PDG, Jean-Marc Chéry, dans le communiqué de présentation des résultats.
Face à un environnement qu'il juge « incertain », le dirigeant considère le premier trimestre comme « le point bas » de l'année 2025. Avec, comme principales variables, les revirements sur les droits de douane et la volonté de réindustrialisation des Etats-Unis dans le marché ultra-concurrentiel et mondialisé des semi-conducteurs.
Une demande en berne dans l'automobile
Au climat ambiant, s'ajoute le ralentissement de certains marchés, notamment celui de l'automobile électrique. STMicroelectronics voit l'activité régresser « dans toutes les zones géographiques ».
«La situation actuelle en matière de commerce et de droits de douane crée une incertitude quant aux niveaux de production automobile, ce qui entraîne une légère révision à la baisse des prévisions pour l'année, plus marquée pour les volumes de véhicules électriques», remarque encore Jean-Marc Chéry.
En France, les ventes de voitures neuves restent en perte de vitesse, avec -14 % d'immatriculations au mois de mars 2025 par rapport à février, et même -46 % en un an pour les véhicules électriques, notamment en raison de l'abaissement du bonus écologique. En Allemagne aussi, les ventes sont à la peine. Avec, à la clé, des plans de licenciement et des répercussions en cascade sur la filière de la microélectronique depuis fin 2023, qui essuie depuis une crise de la demande.
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