LA TRIBUNE - Lors de la dernière assemblée générale qui s'est tenue le 28 juillet, la raison d'être de la société a été votée : "être le terreau innovant de technologies intelligentes et économes en énergie, qui transforment durablement nos vies quotidiennes". En même temps, vous êtes une entreprise qui affiche de solides prévisions de croissance (40% cette année), accélérée par la demande des composants électroniques. Peut-on vraiment marier technologie et environnement dans une industrie qui court à l'infiniment plus petit ?
PAUL BOUDRE - En créant des standards pour la microélectronique et notamment la radiofréquence, près de 80 % de la population mondiale utilise aujourd'hui les produits de Soitec, que ce soit à travers les smartphones, la 5G, les produits connectés, ainsi que demain, le secteur de l'automobile... Cela nous octroie aussi une responsabilité majeure, puisque nous voyons en même temps l'impact de nos produits, et les économies d'énergie qu'il est possible de générer.
Ce qui fait notre succès aujourd'hui, c'est d'assurer des avancées technologiques tout en préservant la planète. Il s'agit d'un travail permanent, qui consiste à nous remettre systématiquement en cause. Cela nous a amené à inclure des aspects sociétaux et à mesurer par exemple la consommation que l'on a pu contribuer à éviter, grâce à chacune de nos familles de produits vendus : en les comparant aux solutions techniques concurrentes sur le marché ou à la génération de produits précédente, on atteint ainsi la consommation en énergie d'une ville d'un million d'habitants, rien que pour l'année 2020...