Le deuxième fabricant européen de PVC n'est plus en mesure de produire, sur 4 de ses 5 sites français, depuis le 27 janvier et par conséquent, de livrer ses clients. Cela fait en effet 13 jours qu'une grève inédite paralyse les ateliers du lyonnais Kem One, qui emploie près de 1.400 salariés, pour l'essentiel en France ainsi qu'en Espagne, et dont les produits se destinent, à 60%, au marché de la construction.
Ses usines de Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), Saint-Fons (Rhône), Fos-sur-mer et Lavera (Bouches-du-Rhône), sont à l'arrêt, et seul le site de Balan (Ain), n'a pas encore été bloqué."Mais ce n'est qu'une question de temps, nous glisse-t-on en interne, car il est approvisionné par des matériaux provenant de Saint-Fons".
Selon la direction de l'entreprise, dont les rênes viennent d'être cédées officiellement à la mi-décembre 2021 par l'industriel Alain de Krassny au fonds américain Apollo Global management après un redressement de l'entreprise (qui avait lui-même été appuyé par une large enveloppe de 600 millions d'euros d'investissements depuis 2013, ndlr), cet épisode de grève pèse lourdement sur les finances de l'entreprise, à hauteur de "plusieurs dizaines de millions d'euros perdus".
Bien que son communiqué avance un épisode appuyé par "environ 15% des salariés", le mouvement serait particulièrement suivi à des postes clés, qui auraient pour effet de paralyser l'activité, estime la direction.
"Certains clients se retrouvent en ce moment contraints de fermer leurs usines car ils ne sont plus approvisionnés en PVC, tandis que d'autres doivent tenter de se tourner vers d'autres fournisseurs. Nous rencontrons également des difficultés sur la fournitures d'autres produits que nous vendons, comme la soude et le chlore, qui sont notamment utilisés dans le traitement de l'eau", affirme le groupe Kem One.