Usine Ferropem : face au retournement du marché du silicium, l’Etat veut pousser Ferroglobe à revoir son PSE
Marie Lyan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Les discussions se resserrent d'un cran au niveau du dossier de l'usine Ferropem de Château-Feuillet car cette fois, c'est également l'Etat qui reconnaît que les justifications économiques du PSE avancé par le groupe américano-espagnol sont tombées...
DR/ML
Engagé dans un plan de restructuration depuis début 2021, le dossier du fabricant de silicium Ferropem à Château-Feuillet (Savoie) a pris une autre tournure : car après deux crises successives, sanitaire d'abord, et désormais géopolitique avec la guerre en Ukraine et son incidence sur le cours des matières premières, Bercy reconnaît que la justification économique du PSE a du plomb dans l'aile. L'Etat s'apprête à tenter un nouveau coup de poker auprès de la direction. Objectif : sauver les 225 emplois du dernier fabricant français de dérivés du silicium pour les marchés du BTP et de...
Depuis avril 2021, un plan de restructuration conduisant à la fermeture de l'usine de production de ferrosilicium oppose les salariés de l'usine Ferropem de Château-Feuillet (Savoie) à leur direction, l'américano-espagnol Ferroglobe.
Une cinquantaine de représentants des salariés de l'usine électrométallurgique n'ont pas baissé les bras et sont remontés à Paris vendredi dernier. Après avoir manifesté devant Bercy, une délégation a été reçue par le cabinet de Bruno Le Maire, en présence, entre autres, du délégué interministériel aux restructurations d'entreprises et du conseiller de la ministre en charge de l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher.
Une aberration pour le syndicats, qui brandissent les résultats annuels du groupe (soit "une année record à 1,179 milliards de dollars de chiffres d'affaires, intégrant 9 mois de fermeture du site de Château-Feuillet"), ainsi que le retournement spectaculaire du marché du silicium, rehaussé par une hausse de la demande enregistrée depuis la crise sanitaire, mais également désormais par la perspectives des impacts de la guerre en Ukraine sur les cours des matières premières.
Selon eux, "il est complètement illogique, dans ce contexte de fermer une usine de production de silicium comme celle de Château-Feuillet, alors même que nous parlons de souveraineté de la production nationale et que nous n'avons plus de production en France". "Il n'existe pas de justification économique à ce PSE", estime le secrétaire du CSE et délégué syndical CGT, Mustapha Haddou.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.
Les derniers résultats annuels du groupe, publiés le 2 mars dernier, se félicitent d'ailleurs d'avoir enregistré "des revenus trimestriels les plus élevés depuis 2018 et un Ebidta ajusté trimestriel record". Ils établissent notamment un "retour à la rentabilité au quatrième trimestre, avec un bénéfice attribuable à la société mère de 66,3 millions de dollars, contre une perte de (96,6 millions de dollars) au trimestre précédent", mais aussi un "retour à un flux de trésorerie disponible positif, générant 14,2 millions de dollars de flux de trésorerie disponibles au quatrième trimestre, contre 42,9 millions de dollars au trimestre précédent".