Liquidation de Camaïeu : la longue descente aux enfers d'un fleuron nordiste
Gaëtane Deljurie, à Lille
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Photo d'illustration
ErasmusOfParis, Wikipédia (CC BY-SA 2.0)
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Il y a eu des années dorées. Où Camaïeu revendiquait jusqu'à un millier de magasins dans le monde, pour 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Cette même chaîne Camaïeu qui a fait naître Camaïeu enfant, rebaptisé en Okaïdi en 1996 et Camaïeu Homme que le groupe Mulliez a racheté pour le passer sous le nom de Jules. Puis il y a eu une descente aux enfers. Qui s'est soldée par la prononciation de la liquidation effective sous trois jours, jusqu'à samedi soir, le temps de vider les stocks.
Pourtant, en août 2016, le groupe gérait encore 976 magasins, dont 647 magasins rien qu'en France. A l'époque, le distributeur comptait environ 6.500 salariés dans le monde, dont 4.100 en France. Six ans plus tard, c'en est fini de la marque Camaïeu et de ses 12 filiales (Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Roumanie, Hongrie, Italie, Belgique, Luxembourg, Monaco, Suisse, Maroc et Chine) chargées de l'approvisionnement ou de la distribution des produits.
La liquidation judiciaire n'est autre que le résultat de multiples difficultés qui se sont accumulées depuis de nombreuses années. Dans le tournant des années 2010, d'abord, l'enseigne subit déjà de plein fouet la baisse de 15% du chiffre d'affaires dans le textile et de la concurrence féroce de nouveaux entrants sur le marché comme Zara ou H&M. La marque n'est plus la préférée des françaises et passe de 10% de parts de marché dans les plus belles années... à 2% en mai 2022, selon le panéliste Kantar.
Après une introduction en Bourse en 2000, deux OPA (offres publiques d'achat) sont opérées en 2005 et 2007. Camaïeu sort du marché boursier en 2011 quelque peu lessivée, avec des dettes avoisinant le milliard d'euros pour 850 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Après une opération de conversion de près de la moitié de la dette en actions, en 2015, le groupe justifiait de la baisse de son EBITDA par des « difficultés conjoncturelles dues aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris et aux températures inhabituellement clémentes de la saison automne-hiver 2015 ainsi que certaines difficultés opérationnelles rencontrées par des filiales étrangères ». Trois ans plus tard, en 2018, la holding financière Modacin, alors propriétaire de la marque, avait été mise sous sauvegarde, à cause d'une dette de plus de 450 millions d'euros.
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Gaëtane Deljurie, à Lille