Et si une partie de la décarbonation de l'industrie française passait par le captage et la revalorisation du CO2 ? C'est le pari que font le groupe Lafarge et la PME industrielle lyonnaise Elyse Energy.
Car en signant, il y a quelques semaines, un accord de partenariat visant à valoriser les émissions de CO2 capturées lors des processs de production des cimenteries Lafarge en France, « cet accord permettrait non seulement de compléter la disponibilité des solutions de séquestration pour répondre aux quantités de carbone émises et capturables sur les sites Lafarge, mais aussi de travailler sur les synergies industrielles associées (valorisation de l'oxygène co-produit et de la chaleur, utilisation du e-méthanol...) », affichent les deux groupes.
Un CO2 résiduel et non-évitable, qui viendrait ainsi à être capté puis renvoyé vers son partenaire Elyse Energy en vue d'être valorisé et non rejeté dans l'atmosphère, contribuant ainsi à l'objectif de neutralité carbone que s'est fixé Lafarge pour 2050.
Jusqu'ici importé d'Egypte, de Malaisie ou encore des Caraïbes, le méthanol était principalement utilisé en premier lieu pour pour la peinture, le textile ou encore le plastique : c'est aussi devenu un carburant pour lequel la demande s'affiche en hausse, en particulier de la part du transport maritime. CMA-CGM a par exemple commandé récemment près de six porte-conteneurs fonctionnant à cette énergie, soit près de 250.000 tonnes, sur les quelques 600.000 tonnes consommées en France chaque année.