... an, les seuils de rejets des industriels Daïkin et Arkema au sud de Lyon, la législation européenne sur le sujet ne s'appliquerait qu'en 2026. Décryptage.
C'est un sujet hautement sensible, dont la mesure n'a été prise que récemment par les autorités : la pollution de nombreux bassins industriels à travers le monde par des composés dits « per et polyfluoroalkylées » (PFAS), ou « perfluorés », issus de l'industrie chimique.
Plusieurs enquêtes journalistiques, dont celle de
l'émission de télévision « Vert de rage »
, avaient révélé en 2022 la pollution aux perfluorés de plusieurs communes situées aux abords de la « vallée de la chimie », une zone d'une dizaine de kilomètres au sud de la Métropole qui concentre plusieurs industriels chimiques et pétrochimiques le long de l'autoroute A7.
Ceux-ci, au nombre recensé d'environ 4.000 à travers le monde, sont soupçonnés d'être nocifs à la santé. L'une des substance du PFOA, interdit dans l'Union européenne depuis 2019, a ainsi été qualifiée de
« cancérogène pour les humains »
par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), le 1er décembre dernier. De même, un autre acide contenu dans la substance PFOS, interdite depuis 2009, a été classé « cancérogène possible » par cette organisation spécialisée de l'OMS, basée à Lyon. Ces deux acides constituent «
des substances chimiques largement utilisées dans un groupe important de composés fluorés (PFAS)
»,
indique le CIRC
.
Mardi 12 décembre, les services de l'Etat ont livré de nouveaux éléments concernant la situation au sud de Lyon, l'un des sites « pilotes » en matière de recherche sur le sujet. Menée par la cellule interministérielle départementale, ils confirment que «
les rejets produits par Arkema respectent les paliers de réduction imposés par un arrêté préfectoral du 23 septembre 2022 », mais aussi que «
les contrôles inopinés début décembre sur les sites de Daikin et Arkema confirment les résultats transmis par l'autosurveillance des industriels ».
À
savoir, «
une diminution notable des valeurs de PFAS retrouvés dans l'eau potable pendant une période de six semaines à partir du mois de septembre, durant laquelle les installations étaient à l'arrêt ».