Chimie : sursis pour l'usine Vencorex, mais les craintes persistent
Oriane Raffin, avec Marie Lyan
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La période d'observation pour le chimiste isérois vient d'être prolongée jusqu'au 10 mars, mais les craintes et les effets domino attendus se précisent sur place.
Wikimedia Commons/Jvillafruela
Alors qu’une seule offre de reprise était en lice pour l’usine chimique Vencorex de Pont-de-Claix, la justice a décidé d’accorder un délai supplémentaire. Les syndicats espèrent que ce répit permettra l’arrivée de nouvelles propositions, mais des inquiétudes se renforcent quant à un possible effet domino, menaçant deux plateformes chimiques stratégiques en Isère.
Un peu de répit. Le tribunal de commerce de Lyon s'est prononcé, ce vendredi 8 novembre, en faveur de la demande conjointe des organisations syndicales, de la direction de Vencorex et de l'administrateur judiciaire, de repousser la période d'observation pour l'entreprise iséroise jusqu'au 10 mars.
Jusqu'à présent, une seule offre de reprise a été présentée, celle de BorsodChem, une filiale hongroise du groupe chinois Wanhua, qui ne reprendrait qu'une partie des activités de Vencorex (la production de tolonates, des composants pour peintures et vernis), soit 25 salariés sur les 450 que compte le site de Pont-de-Claix. Le chimiste isérois, qui se positionnait comme le numéro 2 mondial des isocyanates aliphatiques - des produits principalement utilisés dans la formulation de revêtements et d'adhésifs à haute performance - avait été placé en redressement judiciaire le 10 septembre dernier, à la demande de son actionnaire, le groupe thaïlandais PTT GC.
Ces derniers jours, les syndicats ont maintenu la pression et tentent désormais de jouer la carte de la nationalisation du dossier. Mercredi, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, s'est en effet rendue à Lyon, devant le tribunal, en soutien aux salariés de Vencorex.
Les syndicats nationaux montent au créneau
Qualifiant le volet social de l'offre de reprise du chinois Wanhua « d'absolument ridicule » (...) et « pas du tout à la hauteur des enjeux, ni en termes d'emploi, ni en termes de souveraineté industrielle », la secrétaire générale de la CDFT, a estimé : « il est plus que temps que les responsables politiques et économiques soient cohérents ».
Le lendemain, jeudi, c'est Sophie Binet, pour la CGT, qui est venue exprimer sur site son soutien à l'ensemble des salariés de Vencorex et des plateformes chimiques iséroises, déplorant « une faillite organisée », avec le dumping d'entreprises chinoises qui veulent aujourd'hui racheter le site.
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«La ficelle est un peu grosse et on voit là le résultat de la grande naïveté des dirigeants français et européens qui laissent entrer le loup dans la bergerie et n'ont aucune stratégie industrielle ».