Il est l'un des acteurs majeurs de la plateforme chimique de Pont-de-Claix, près de Grenoble (Isère), qui produit des tolonates, des composants pour peintures et vernis. Le site Vencorex, détenu par le thaïlandais PTT Global Chemical, a été placé en redressement judiciaire ce mardi par le tribunal de commerce de Lyon (Rhône). Les syndicats craignent d'ores et déjà un effet domino sur des entreprises voisines, qui exploitent les sous-produits de Vencorex.[Mis à jour le mercredi 11 septembre à 14h42, avec l'ajout du placement en redressement judiciaire].
Après s'être déclaré en cessation de paiement la semaine dernière, le site Vencorex de la plateforme chimique de Pont-de-Claix, en Isère, a été placé ce mardi 10 septembre 2024 en redressement judiciaire pendant six mois par le tribunal de commerce de Lyon. L'usine, détenue par le groupe thaïlandais PTT Global Chemical, produit des tolonates, des composants pour peintures et vernis. Des matières premières qui alimentent bon nombre d'industries chimiques, dont l'usine Arkema de Pont-de-Claix.
Après plusieurs alertes, le site s'était déclaré en cessation de paiement en fin de semaine dernière. L'information avait alors été annoncée lors d'un comité social et économique exceptionnel, jeudi 5 septembre, selon des représentants syndicaux. « C'est une grosse surprise pour le personnel, confiait alors Adrien Poirieux, représentant de la FNIC-CGT, contacté par La Tribune ce lundi. On s'attendait plutôt à un plan de licenciement, et non à la vente de l'entreprise ».
Le syndicat alerte sur la situation depuis le printemps, craignant, en outre, un effet domino pour les autres entreprises des plateformes chimiques de Pont-de-Claix et de Jarrie, dont certaines exploitent les sous-produits de Vencorex, notamment pour produire du chlore liquide. Dans un communiqué, publié en mai dernier, la CGT révélait qu'un « cycle de rencontres permanentes » avait lieu entre Bercy et les dirigeants de Vencorex, afin d'obtenir des fonds pour sauver le site.
La concurrence chinoise va se durcir
Selon le syndicat, Vencorex aurait justifié sa décision par des pertes prévisionnelles à 80 millions d'euros à fin 2024, alors qu'en juin dernier, elles étaient estimées à 60 millions d'euros et que la société, dont le siège est basé à Saint-Priest (Rhône), a réalisé un plan d'économies de 53 millions d'euros.
Autres craintes de l'entreprise, toujours selon le syndicat : la concurrence chinoise, amenée à se durcir, avec l'arrivée de deux concurrents supplémentaires sur le marché en 2025.
« On peut se poser la question de savoir comment une entreprise qui fournit la matière première pour l'ensemble de la chimie, qui ne devait pas avoir de problème pour fonctionner, arrive dans cette situation », interroge le sénateur isérois écologiste Guillaume Gontard, contacté par La Tribune.
Oriane Raffin avec Emma Rodot