Ordinateurs, téléphones portables, téléviseurs, grille-pains, climatiseurs, vapoteuses... 62 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques (DEEE) ont été produits en 2022, selon l'ONU. Mauvaise élève, l'Europe est la principale région productrice de ces « e-déchets » et l'Hexagone n'est pas en reste. Les Français en jetteraient plus de 22 kilos par an en moyenne. Or, seulement 40 % de la masse des DEEE ont été correctement collectés et recyclés en Europe en 2022, toujours selon l'ONU.
Selon le ministère de la Transition Ecologique, la filière française permet de gérer plus de 600.000 tonnes par an d'e-déchets. D'une part avec le réemploi, bien développé en France, en particulier sur les gros appareils ménagers (gazinières, lave-linges...) grâce à des réseaux tels que Envie ou Emmaüs. Et d'autre part, avec le recyclage des matériaux qui composent ces appareils : métaux ferreux, métaux rares, mais aussi plastique...
Le plastique est justement un véritable enjeu, quand on sait que les industriels européens du secteur visent 43% de recyclé dans leur production totale d'ici 2050 contre 9% en 2021. Dans cette démarche vertueuse, un consortium, crée il y a trois ans en Auvergne-Rhône-Alpes, pourrait apporter sa pierre à l'édifice.
Baptisé RIPEEE (pour Recyclage Innovant de Plastiques issus de DEEE), ce projet entend offrir une boucle circulaire et surtout locale aux plastiques issus de ces DEEE dans la première région française de la plasturgie. Il est aujourd'hui porté par l'association de quatre entreprises de la région et un laboratoire (Ingénierie des Matériaux Polymères de l'INSA Lyon) représentants toute la filière -de la collecte du déchet à la transformation de la matière recyclée- .