Elle est l'une des héritières des velours Jean-Baptiste Martin, premier exportateur de velours de France au milieu du XIXe siècle. Velours de Lyon, crée en 1978 de la fusion de deux sociétés historiques (JB Martin et Giron Frères), a été placée en redressement judiciaire le 4 février dernier par le tribunal de commerce de Lyon.
À ce jour, trois acteurs se sont avérés intéressés par la société, indique-t-elle, sans pour le moment déposer d'offre de reprise. La date limite des dépôts est fixée au 15 juillet prochain, pour une audience le 22 juillet. Sans proposition de reprise, la liquidation pourrait être prononcée.
La société, qui compte 48 salariés, conçoit et fabrique des tissus en velours dans ses deux usines de Saint-Just-en-Chevalet (Loire) et de Décines-Charpieu, en banlieue lyonnaise. Elle s'adresse essentiellement au secteur de l'habillement de luxe et de la haute-couture, pour 85% de son chiffre d'affaires (3,7 millions d'euros en 2024, 4,3 en 2023, contre 5,8 millions d'euros en 2018), mais aussi à celui de l'ameublement.
Sa spécialité : tisser des pièces en jacquard et en 2x3 dimensions en opérant presque toute la chaîne de valeur, de la réception des fils (de soie, de viscose etc.) jusqu'à la confection complète des pièces. Elle est l'une des dernières de France à opérer cette chaîne, avec notamment Velcorex (Haut-Rhin), reprise en 2023 en SCOP et positionnée vers d'autres marchés, comme celui du velours côtelé.
La source de la crise ? « La période Covid, incontestablement », dépeint Jean-François Renaud, président directeur-général de Velours de Lyon. « Nous étions dans une situation paradoxale par rapport à d'autres : nous avons continué à travailler pendant le premier confinement, mais une fois que la saison a été finie, en juillet 2020, nous avons perdu plus de 80% de notre chiffre d'affaires quasiment du jour au lendemain ».