Nouveau plan social chez Boiron : les salariés plongés dans l'inquiétude
Emma Rodot
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Trois ans après un premier PSE ayant abouti au licenciement d'environ 500 personnes, les laboratoires Boiron annoncent un nouveau plan de suppression de 145 postes en France. En cause : la chute du marché de l'homéopathie depuis les déremboursements...
Après un premier plan de licenciements lié au déremboursement de l'homéopathie, selon la direction, la reprise de l'activité n'aura été que de courte durée : le laboratoire lyonnais a annoncé un nouveau plan de suppression de 145 postes et la fermeture de plusieurs sites en France. Cette décision marque un nouveau tournant dans la stratégie du laboratoire, qui cherche à diversifier ses activités.
Le ciel continue de s'obscurcir pour les salariés du laboratoire Boiron. Des mots d'Alain Cohard, délégué syndical central CFE-CGC, cette décision était « redoutée ». Pour Sana Oussid, déléguée CFDT, « nous sortons à peine du précédent PSE (« plan de sauvegarde de l'emploi »), qu'on nous dévoile à nouveau des licenciements en cascade ».
Le laboratoire Boiron vient en effet d'annoncer aux représentants du personnel un plan de suppression de 145 postes à partir du mois de juin 2025, dont 117 sont aujourd'hui pourvus, ainsi que la fermeture de quatre sites de distribution et de sept lignes de préparation aux quatre coins de l'Hexagone.
Concrètement, quatre des15 pôles de distributiondu groupe, représentant 73 emplois, pourraient fermer dans le courant de l'année prochaine : ceux de Clermont-Ferrand, de Dijon, de Reims et de Sofia-Antipolis.
De même, les laboratoires de préparation des sites de distribution de Bordeaux, Marseille, Nancy, Nantes, Rennes, Toulouse et Tours pourraient également fermer leurs portes. Ils seraient alors rassemblés sous ceux de Lyon Sainte-Foy, Pantin, Lille et Montpellier, a annoncé la direction du laboratoire créé en 1932, employant aujourd'hui quelque 1.800 salariés.
Déremboursement de l'homéopathie
La direction met ici en cause le déremboursement complet de l'homéopathie par l'Assurance maladie depuis 2021, ayant « entraîné une baisse majeure des ventes HNC ». HNC, pour « homéopathie de nom commun », ces produits et médicaments sans ordonnance, notamment sous forme de tubes ou de doses, dont l'un des plus célèbres reste l'arnica.
Depuis 1984, le taux de remboursement de l'homéopathie par l'Assurance Maladie était en effet de 65 %, et avait chuté progressivement à 35 % en 2003, puis 30 % en 2011, et enfin 15 % en 2020 avant de tout simplement disparaître en janvier 2021.
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À l'issue de cette bascule, il y a trois ans, le laboratoire a déjà supprimé quelque 500 postes (18,5 % de sa masse salariale) lors d'un Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Désormais, malgré un léger retour de la croissance en 2022, il se dirige vers une nouvelle vague de licenciements annoncés entre juin et novembre 2025.