Participation citoyenne : gouverner la ville autrement
Lysiane J. Baudu
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Photo d'illustration
Lyubov Ivanova / Istock
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Hausse de l'abstention électorale, au niveau national comme local, notamment chez les jeunes et les classes populaires, affaiblissement des partis politiques traditionnels, défiance des citoyens... : nombreuses sont les nations - et les municipalités - qui ont « mal à leur démocratie ». Pas étonnant que vienne parfois s'y accoler un nouveau qualificatif, celui de « participative », en particulier au niveau local. Une belle ironie « si l'on prend comme définition de la démocratie celle des Athéniens, qui suppose une participation des citoyens à la décision politique, pas forcément permanente, mais régulière », relève Loïc Blondiaux, professeur des universités au Département de science politique de la Sorbonne (Paris I). Toujours est-il qu'aujourd'hui, le peuple - des citoyens de plus en plus éduqués et de plus en plus convaincus qu'ils peuvent s'exprimer et contester des décisions qu'ils jugent inadéquates, voire inacceptables - n'est plus d'accord pour que ses élus décident en permanence à sa place... « Il n'y a plus de mandat et il sera très difficile de revenir en arrière », prévient d'ailleurs Loïc Blondiaux.
La seule option, dans ces conditions, c'est de renforcer la légitimité des élus et la représentation, en complétant l'arsenal des institutions par des dispositifs qui permettent aux citoyens de contribuer au processus de décision. En somme, il s'agit de leur montrer qu'ils peuvent participer, en s'assurant, qui plus est, qu'ils aient réellement des chances d'influencer les décisions finales. Sinon, en effet, ils découvriraient rapidement la supercherie - et se rebelleraient...
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S'il existe des expériences intéressantes de démocratie participative en Europe - en Suisse et en Allemagne, où certaines villes font largement appel aux référendums, de même qu'à Helsinki en Finlande, à Reykjavik en Islande et à Barcelone en Espagne - en France, ne serait-ce qu'en raison d'une culture plus verticale qu'ailleurs, et qui, de surcroît, met l'accent sur le leader local, le phénomène a souvent été l'objet d'expérimentations limitées.
Lysiane J. Baudu