Téléphériques : la mobilité urbaine de demain ?
Pierrick Merlet
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Ligne 5 du téléphérique de la ville de La Paz en Bolivie
Holgs
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Ligne 5 du téléphérique de la ville de La Paz en Bolivie
Holgs
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Est-ce que les grandes métropoles urbaines vont prendre, dans les années à venir, des allures de station de ski ? La remarque mérite un temps de réflexion au regard des multiples projets de téléphériques urbains qui poussent comme des champignons dans toute la France ces derniers temps. Brest a ainsi été la première ville française à se doter d'une telle infrastructure, en 2016, avec des cabines dressées à une cinquantaine de mètres de hauteur. S'il peut se revendiquer être le seul téléphérique urbain encore en service aujourd'hui dans l'Hexagone, celui-ci est à l'arrêt depuis plusieurs mois en raison d'indices de dégradation inquiétants et sans qu'une date de remise en marche ne soit connue. Néanmoins, ses déboires ne freinent pas l'ambition d'autres collectivités en la matière. La région Île-de-France vient de débloquer 125 millions d'euros pour son « Câble A », devant relier en 17 minutes Créteil à Villeneuve-Saint-Georges. La Réunion, Ajaccio et Grenoble ont également déterminé des tracés et doivent désormais passer à la mise en chantier. Dans la catégorie des grandes villes, Bordeaux et Lyon réfléchissent ouvertement à un tel projet. « Pour ces nouvelles municipalités (désormais écologistes, ndlr), il y a l'idée de marquer son territoire et son mandat avec un mode de transport qui illustre, en tout cas c'est ce qu'on veut faire croire, une nouvelle époque, par rapport aux tramways qui datent des années 1920 ou encore des métros qui ont émergé en 1970. De plus, ce sont des modes de transports vertueux sur le plan environnemental, avec une faible emprise au sol et un fonctionnement totalement électrique », tente de justifier Pierre-Yves Péguy, le directeur du Laboratoire Aménagement Économie Transports (LAET). Celui de Toulouse est dans les cartons depuis des d'années et a monopolisé un temps toutes les municipalités du xxie siècle sans exception. Cette longue réflexion va ainsi permettre à la quatrième ville de France d'avoir un transport collectif et aérien dès l'été prochain, avec un enjeu simple. Il s'agit de survoler la Garonne, pour effectuer en 10 minutes de téléphérique un trajet habituellement réalisé en 40 minutes avec la voiture. Surnommé Ceinture Sud, ce projet permettra de relier l'université Paul Sabatier à l'Oncopole (établissement de soins et de recherche spécialisé dans le cancer), en passant par le CHU de Toulouse-Rangueil. Désormais, grâce à sa connexion au réseau métro de la ville accompagnée de nouvelles lignes de bus spécialement créées, les élus espèrent désengorger un Sud-Est toulousain victime de son développement économique et démographique. « À terme, le téléphérique de Toulouse pourrait faire l'objet d'extensions pour assurer des correspondances avec la ligne A et la future 3e ligne de métro à la station Montaudran », a même expliqué récemment Jean-Michel Lattes, l'adjoint à la mairie de la Ville rose en charge des Mobilités et président de Tisséo, l'autorité régulatrice des transports en commun sur l'agglomération.
Pierrick Merlet