À l’École Centrale de Lyon, la formation des ingénieurs de demain pourrait, elle aussi, passer par l’inspiration du vivant. Car depuis quelques années, le biomimétisme est utilisé dans les travaux de son laboratoire de tribologie pour créer de nouvelles technologies et matériaux, et sert à irriguer, en bout de ligne, des projets industriels développés avec des grands noms de l’industrie. (Cet article est issu de T La Revue de La Tribune - N°6 Octobre 2021)Ils peuvent s'inspirer à la fois du monde animal et végétal pour développer de nouvelles propriétés, débouchant, entre autres, sur une meilleure déperlance des textiles, ou une plus grande captation de l'eau présente dans l'atmosphère...
Les chercheurs du Laboratoire de Tribologie[1] et Dynamique des Systèmes (LTDS) de l'École Centrale de Lyon se sont ouverts à un autre champ de la science, qui croise lui-même d'autres disciplines : celui du biomimétisme. Ou comment s'inspirer des propriétés du vivant, pour développer des innovations inspirées directement de la nature et de facultés d'adaptation à son environnement. « Notre laboratoire, rattaché à plusieurs tutelles dont l'École Centrale de Lyon, l'ENTPE et le CNRS, s'occupe de toutes les problématiques de surface, en étudiant notamment les phénomènes d'usure, de vieillissement, de performance des systèmes, que l'on retrouve dans les champs de la physique, de la mécanique et de la chimie », explique Stéphane Valette, professeur en science des matériaux au LTDS.
De la chimie et physique des matériaux à celle du vivant
« Les premiers travaux dans le biomimétisme remontent au xve siècle avec Léonard de Vinci, mais ils ont été boostés en 1997 avec des explications autour de l'effet lotus[2] qui a représenté un tournant majeur », illustre Stéphane Valette.
L'École Centrale s'est saisie de la question avec le financement d'une première thèse encadrée entre 2008 et 2011, autour de la réplication des surfaces végétales. C'est en examinant la nature que les scientifiques ont trouvé une autre source d'inspiration : « On s'est rendu compte que certaines propriétés, développées à l'échelle de 4 à 5 milliards d'années d'évolution, ont permis au vivant de développer des propriétés de surfaces particulières ». Il existe déjà autour de nous des surfaces dites hydrophiles (qui attirent l'eau), hydrophobes (qui la repoussent), voire super-hydrophobes (qui la rejettent). Résultat ? Le LTDS s'inspire désormais du vivant pour concevoir des matériaux plus absorbants ou, bien au contraire, plus résistants à l'eau.