Xavier Niel tâcle « la solution Numericable - SFR, exécrable pour le consommateur et pour la France »

Xavier Niel Free
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Xavier Niel Free
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Absent lors des dernières présentations à la presse des résultats d'Iliad, Xavier Niel, le fondateur et principal actionnaire de la maison-mère de Free, s'en est donné à cœur joie ce lundi, au lendemain de l'annonce de son accord signé avec Bouygues en vue du rachat de son réseau mobile et de ses fréquences, dans le cas où la filiale du groupe de BTP réussit à racheter SFR à Vivendi. Le multimilliardaire de l'accès Internet a d'abord expliqué qu'il n'avait pas fait d'offre sur SFR cette fois-ci car l'Autorité de la concurrence lui avait clairement signifié « en privé en novembre 2012 » que ce rapprochement était « impossible » et l'a répété récemment.
Et le vice-président du conseil d'Iliad, qui contrôle 55% du capital, de tâcler à plusieurs reprises le câblo-opérateur et son actionnaire, Patrick Drahi. « Numericable n'a gagné aucun abonné depuis 2007, il n'a eu aucun impact sur le marché. Et le câble c'est du Canada dry de FTTH [Fiber to the home pour fibre jusqu'à l'abonné, jusqu'à l'habitation, NDLR] » a-t-il fait valoir. Autre critique à peine voilée, sur le statut de résident suisse de Patrick Drahi, la domiciliation au Luxembourg d'Altice et à Guernesey de Next, la holding personnelle de celui-ci : « dans le scénario Bouygues, on gardera des acteurs français qui paient leurs impôts en France et ont leur siège en France » a -t-il fait valoir, soulignant que cela devrait plaire à des politiques qui critiquent « les évadés fiscaux et les fraudeurs. » Pressé de répondre sur d'éventuels engagements en matière de patriotisme économique, notamment en faveur d'Alcatel-Lucent, un sujet de crispation entre Free et Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, le directeur général d'Iliad, Maxime Lombardini a botté en touche : « nous n'allons pas mettre la main sur le cœur et chanter la Marseillaise mais il y a une dimension nationale dans notre projet qui correspond à la politique du gouvernement. »
Même sur l'emploi, quand Free n'hésitait pas à critiquer il y a quelques mois l'externalisation ou la délocalisation des centres d'appels de ses concurrents et même les « licenciements boursiers », Xavier Niel pare aujourd'hui ses mêmes rivaux, Bouygues et SFR, de toutes les vertus : « les salariés de ces entreprises se sont rarement plaints d'être maltraités, y compris lorsqu'il y a eu des plans de départs volontaires. » Le pourfendeur des opérateurs « prenant les clients pour des pigeons » il y a deux ans, a surtout promis qu'il n'y aurait pas de hausse des prix si la solution Bouygues qu'il soutient aboutit : « nous allons nous retrouver en face de deux gros acteurs, deux monstres de 15 milliards d'euros de chiffre d'affaires chacun [Orange et SFR-Bouygues] contre 4 milliards pour nous. On n'aura qu'un seul but : faire de la croissance organique, se battre et devenir plus gros qu'eux. Cela nous permettra d'être extrêmement innovants et agressifs » en ayant plus rapidement son propre réseau mobile national. « Il n'y aurait pas eu de baisse des prix sans nous. Free a toujours été l'animateur de la concurrence et nous n'avons pas l'intention d'arrêter ni aujourd'hui ni demain » s'est engagé le patron du quatrième opérateur mobile et numéro deux français de l'ADSL.
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