« L’accord avec Free favorise un examen plus rapide de la fusion Bouygues SFR » (Autorité de la concurrence)

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Bruno Lasserre, le président de l'Autorité de la concurrence, estime que la perspective du rachat du réseau mobile de Bouygues par Free change la donne.
Bruno Lasserre, le président de l'Autorité de la concurrence, estime que la perspective du rachat du réseau mobile de Bouygues par Free change la donne. (Crédits : Reuters)
Bruno Lasserre le président du gendarme de la concurrence, estime que la perspective du rachat du réseau et de fréquences de Bouygues Telecom par Free constitue « indéniablement un élément nouveau » si l’autorité était saisie d’une opération de concentration entre les numéros deux et trois du mobile.

Il ne s'agit évidemment pas d'un blanc-seing. Mais l'appréciation a de quoi donner le sourire à Bouygues. Le président de l'Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, estime que l'accord de négociations exclusives annoncé ce weekend entre Bouygues et Free prévoyant le rachat par ce dernier, pour 1,8 milliard d'euros, du réseau de téléphonie mobile et d'un portefeuille de fréquences 2G/3G/4G à la filiale de Bouygues si celle-ci parvient à fusionner avec SFR constitue à ses yeux « indéniablement un élément nouveau. » Interrogé par Les Echos de façon générale sur son nouveau mandat et en particulier sur ce dossier, le président du gendarme de la concurrence explique que

Cet accord entre Bouygues et Free « est de nature à favoriser un examen peut-être plus rapide, et en tout cas plus simple, du dossier. » Il indique en avoir été « informé par les parties samedi matin ».

 Attention au marché de la TV aussi

« Nous devons à ce stade, rester au-dessus de la mêlée et ne pas exprimer de préférence » sur le dossier SFR, insiste-t-il. Bruno Lasserre indique que l'objectif de l'autorité sera « de protéger la dynamique concurrentielle du marché sur le mobile, mais aussi sur la téléphonie fixe et les médias qui peuvent être affectés par ces opérations. » En effet, il avait expliqué par ailleurs il y a quelques jours au Figaro que cet équilibre pouvait être bouleversé « si Vivendi, qui contrôle Canal + conserve un pouvoir d'influence dans un ensemble appartenant à Bouygues, propriétaire de TF1. Symétriquement, si Vivendi dispose de la possibilité d'orienter les décisions commerciales dans l'ensemble contrôlé par Numericable, propriétaire de la plate-forme câble, cela poserait des questions sur le marché de la télévision payante. »

« L'offre de Numericable perd un atout majeur »

Ces petites phrases ne seront pas sans conséquence sur la suite du processus. Selon une source proche de Vivendi, « on comprend que le passage devant l'Autorité de la concurrence d'une fusion Bouygues SFR n'est pas une épreuve impossible et qu'elle peut intervenir plus vite s'il y a d'emblée un remède sur la table », avec cet accord de négociations exclusives conclu avec Free. « En parallèle, il ressort qu'un rachat par Numericable devra de toute façon passer devant l'Autorité de la Concurrence. L'offre d'Altice perd donc un atout majeur, celui de la rapidité par rapport à celle de Bouygues qui semblait plus aléatoire » nous confie cette même source proche des discussions, qui conclut « la balance est remise à l'équilibre en faveur de Bouygues. » Les analystes d'Oddo qui jugeaient à 80% probable le scénario Numericable-SFR ont abaissé ce lundi matin leur estimation à 40%. La Bourse tire des conclusions similaires : l'action Bouygues bondit encore de 6,9% ce lundi matin, tandis que le titre Numericable s'effondre de 17%, retombant même sous son cours d'introduction (24,80 euros en novembre dernier). L'action Vivendi progresse de près de 2% mais celle d'Iliad (maison-mère de Free) s'envole de 14% à un nouveau record historique de 214 euros !

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Commentaires
a écrit le 10/03/2014 à 18:36 :
du coup le chômage va augmenter sérieusement à cause des doublons
a écrit le 10/03/2014 à 17:50 :
Nous devons à ce stade, rester au-dessus de la mêlée et ne pas exprimer de préférence » sur le dossier SFR, insiste-t-il. Puis, trahissant son obligation de discrétion, il fait exactement le contraire. Comment imaginer que l'interview donnée aux Echos n'ait pas une influence substantielle sur le choix de Vivendi ?

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