« Quel sera l’avenir de Free et Bouygues s’ils ne fusionnent pas ? » (Montebourg)

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« Notre politique de retour à trois opérateurs reste d'autant plus d'actualité. Nous allons y travailler activement » a déclaré Arnaud Montebourg.
« Notre politique de retour à trois opérateurs reste d'autant plus d'actualité. Nous allons y travailler activement » a déclaré Arnaud Montebourg. (Crédits : reuters.com)
Auditionné devant la commission des finances de l’Assemblée, le ministre de l’Economie a prévenu qu’il travaillerait activement à sa « politique de retour à trois opérateurs » après le rachat de SFR par Numericable. Il a justifié son intervention en faveur de Bouygues qui a permis des avancées dans l'offre de Numericable selon lui.

Convoqué par les députés qui réclamaient des explications sur ses prises de position très marquées en faveur de Bouygues dans la bataille pour emporter SFR, gagnée par Numericable, Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique, s'est longuement justifié mercredi soir lors d'une audition devant la commission des affaires économiques et celle des finances. Moins virulent qu'auparavant contre Numericable et Patrick Drahi, son principal actionnaire, plus mesuré contre Xavier Niel, le fondateur de Free, mais toujours aussi critique contre le régulateur des télécoms, l'Arcep, il a défendu la légitimité de ses propos par le contexte : « une situation de guerre excessive des prix qui engageait une sorte de spirale déflationniste dans le secteur, qui fragilisait les trois opérateurs « historiques » importants et nous empêchait d'imaginer que le pays pouvait s'appuyer sur la force de ces opérateurs pour équiper le pays » dans le cadre du plan France Très haut débit.

 

« Interrogez M. Bouygues, SFR ou même France Telecom, ils ont du mal à suivre, ils tirent la langue pour commencer à équiper le pays » en fibre optique et « si ce ne sont pas les opérateurs, ce sont les contribuables qui paieront la fin de la fracture numérique » a-t-il prévenu.

 

« Il faut reconcentrer le secteur mobile »

Evoquant le paysage « balkanisé » des télécoms en Europe et le risque de devenir « une colonie numérique des Etats-Unis », il a plaidé « voilà pourquoi le gouvernement a dit, de façon décomplexée, il faut consolider, reconcentrer le secteur » Fin janvier, le ministre n'avait pas hésité à déclarer, aux vœux de la Fédération française des télécoms, que son rôle était d'« organiser les ententes », prenant l'exemple de l'accord de partage de réseaux mobiles signé entre SFR et Bouygues Telecom. « Or dans cette affaire [SFR Numericable], ce n'est pas ce à quoi on aboutit » a déploré hier le ministre.

 

« Il reste deux petits opérateurs, Free et Bouygues, dont on peut se demander, pour l'un et pour l'autre, ce que sera leur avenir s'ils ne fusionnent pas, ce qui ne semble pas pour l'instant d'actualité, même si cela peut peut-être évoluer » a-t-il ajouté. « Notre politique de retour à trois opérateurs reste d'autant plus d'actualité », après la décision de Vivendi de vendre SFR au câblo-opérateur, et « nous allons y travailler activement » a-t-il prévenu.

 

Renforcer les opérateurs, y compris Free, pour déployer la fibre

Arnaud Montebourg a d'ailleurs pris soin de ne pas accabler Free, ouvrant son discours sur « l'arrivée d'un quatrième opérateur qui, il faut le saluer, a eu le mérite de mettre fin à des situations de rente qui se prolongeaient après une condamnation pour des faits d'entente qui remontaient à dix ans. » Il a répété que « Free n'est pas responsable » notamment du « désordre » subi par les sous-traitants, « mais plutôt ceux qui ont permis que Free arrivât », comprendre le gouvernement Fillon et l'Arcep. « Nous avons défini nos priorités : renforcer les opérateurs plutôt que les affaiblir, y compris les nouveaux arrivants » et ce pour leur demander d'investir dans la fibre. Or « nous souhaitons la fibre. Le câble, c'était il y a quinze ans mais la fibre c'est pour quarante ou cinquante ans maintenant ! »

Martin Bouygues s'était engagé à investir, dans un courrier, 400 millions d'euros par an dans la fibre optique, a fait valoir le ministre. Des engagements récents puisque jusqu'ici Bouygues Telecom n'avait guère investi dans le domaine, sinon en co-investissement avec SFR dans certaines grandes villes. Et l'engagement de Numericable d'investir 50 millions d'euros par an dans les réseaux d'initiative publique des collectivités « ne correspondent pas tout à fait aux engagements initiaux  de SFR » a regretté le ministre qui exercera « une amicale vigilance » pour les améliorer.

 

Fiscalité et siège social

Car Arnaud Montebourg a défendu l'utilité de sa démarche dans le dossier. « S'il n'y avait pas eu d'intervention du gouvernement, on n'aurait parlé que de gros sous et pas de fibre ou d'emploi, qui est souvent la variable d'ajustement » a relevé le ministre, qui sera attentif au maintien des effectifs promis par le repreneur. « Gouverner c'est choisir. Bien sûr ce n'est pas nous qui décidons », dans une affaire privée, mais le conseil de surveillance de Vivendi. Ceci dit, « un gouvernement qui a charge d'âmes, d'avenir, d'investissement, de protection de l'emploi industriel est parfaitement légitime à exprimer sa préférence. » Convaincu que « l'intérêt public allait plutôt vers Bouygues », il a cependant souligné qu'il n'avait « pas d'actions Bouygues ! Mon patrimoine est transparent ! »

Sur le fond, il a répété que « l'offre de Bouygues était plus solide financièrement. Dans les sinistres industriels j'ai ramassé beaucoup de LBO qui ont mal tourné » a-t-il fait valoir pour expliquer sa réticence sur la candidature d'Altice. En outre, « Bouygues avait pris des engagements d'investissement et d'emploi. Nous allons faire en sorte que la proposition de Numericable s'approche de celle de Bouygues » en la matière. Il estime avoir obtenu des avancées, notamment l'engagement de double cotation d'Altice à Paris en plus d'Amsterdam ainsi que l'absence de contrat de « management fees » à la charge de SFR qui entraînerait « un transfert de profit taxable, une fuite de valeur vers des centres de basse pression fiscale », Altice étant une société de droit luxembourgeois.

> revoir l'audition d'Arnaud Montebourg

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Commentaires
a écrit le 11/04/2014 à 12:37 :
Quelqu'un a déjà vu Montebourg réussir quoique ce soit ?
Quand ce monsieur dit "je m'engage à..." ou "il faut que.." ou vient visiter un site pour "le soutenir", le résultat est TOUJOURS le même : c'est l'opposé qui arrive (attention sociétés en difficulté, Montebourg passe vous voir avec les caméras = vous êtes morts d'ici quelques mois...). Cet homme est complètement à la masse, c'est un AVOCAT de formation ! Quel rapport entre avocat et économiste ? Aucun. Quand aura t-on ENFIN des ministres qui savent de quoi ils parlent ? Tout le monde sait qu'il n'est au gouvernement qu'afin de (je cite un "haut responsable du PS désirant garder l'anonymat" (sic)) "réduire son pouvoir de nuisance face à l'action gouvernementale".
Qui peut penser sérieusement que cet homme peut redresser la France ? Il n'est là que pour lui et un éventuel positionnement pour 2017. Pathétique...
a écrit le 11/04/2014 à 12:32 :
heu... Montebourg il le sait depuis quand free est dans le mobile ?? 1 an ! et les autres opérateurs ? depuis quand ils y sont dans le mobile ? et qu' ont-ils faient pour le cable ou la fibre ? hein ? pour info çà fait des années que quantité de pays des plus vastes au plus microscopique sont équipés en fibre.. nos opérateurs historique ne sont que des rentiers à l' image de leurs métiers historique.. le montebourg faut le virer il n'y pige rien à part la démagogie... le mec qui blabatte à tout va qu' il a sauver des centaines de milliers d' emplois au prétexte que des boites n' auraient pas fermés, moi aussi j' ai sauver des millions d' emplois puisque le système ne c' est pas ( encore ) écrouler..
a écrit le 11/04/2014 à 10:08 :
Stalinien d operette incompetent...laissez faire les entrepreneurs
a écrit le 11/04/2014 à 10:00 :
X.NIEL a dit pourvoir encore reduire le prix sur les mobiles et X.NIEL est pour 4 operateurs....
Montebourg ? qu'en pensez-vous ?
a écrit le 11/04/2014 à 9:58 :
bonjour La tribune.
Interessez vous au relation entre Siemens et Montebourg en ce moment ainsi vous comprendrez ces prise de position sur Bouygues Tel...
Aulnay/siemens pour faire des trains ??? Posez vous la question Mr La Tribune.. C'est comme julie gayet on est deja au courant....
a écrit le 10/04/2014 à 22:24 :
Il va falloir maintenant arrêter de s'imaginer que le marché supranational des services digitaux va pouvoir financer le haut débit sur toutes les zones géographiques françaises compte tenu des prix pratiqués qui sont très inférieurs à ce qu'on voit aux US. Certaines zones non denses où le m2 est bon marché et où l'air est respirable devront contribuer aussi par les taxes locales (taxe foncière et CET) si elles en veulent...Il va falloir un jour songer à payer réellement ce qu'on consomme...
Réponse de le 14/04/2014 à 18:38 :
Je doute que l'on ait reellement besoin de la fibre dans des zones de campagne peu peuplées. L'adsl est bien suffisant.

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