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Une semaine après avoir tangué à l'annonce d'une carte SIM Apple maison dans le nouvel iPad Air 2, Gemalto, le spécialiste français des cartes à puces, a profité de la présentation de son chiffre d'affaires trimestriel pour donner sa vision des choses, estimant que les investisseurs avaient mal compris. « En réalité, les annonces d'Apple sont plutôt des signes positifs à long terme » a assuré Olivier Piou, le directeur général lors d'une conférence téléphonique. L'action du groupe de droit néerlandais, qui fait partie du CAC 40, avait dévissé de 11% vendredi et n'a pas récupéré tout le terrain perdu. Elle cède encore un peu plus de 4% ce jeudi, les résultats étant ressortis légèrement inférieurs au consensus, bien que le groupe ait confirmé ses objectifs annuels.
Le directeur général du groupe né de la fusion de Gemplus et Axalto en 2006, qui se pose en « leader mondial de la sécurité numérique », a estimé « peu probable qu'Apple se lance dans le business de la SIM. Comment en vendrait-il à Samsung ? » Il a souligné que Gemalto a « tout de même réalisé 50% de croissance dans les éléments sécurisés embarqués », du type de la SIM Apple : « ceux qui croient que nous ne sommes pas présents sur ce créneau se trompent. » Et d'ajouter « nous ne sommes pas un fabricant de carte SIM, qui colle deux points de glue sur un bout de plastique, on serait mort depuis longtemps face aux Chinois ! Nous vendons du logiciel sécurisé. » Rappelant que les cartes SIM représentent qu'une fraction du chiffre d'affaires consolidé, de l'ordre de 25%, il a assuré que la SIM d'Apple n'aura « pas d'impact sur le chiffre d'affaires de 2015 » de Gemalto.
Se disant « peiné » des « sur-réactions » des investisseurs sur l'action Gemalto, mais soulignant que « le groupe n'est pas affecté car il n'est pas dépendant de la Bourse, il a levé 400 millions à 2% », Olivier Piou a mis l'accent sur une autre annonce d'Apple, celle du choix de la technologie sans contact NFC (near field communication, communication en champ proche), dont on prédit la généralisation depuis plusieurs années.
Le fameux « Apple moment » tant souhaité par l'écosystème NFC qui a besoin d'une locomotive marketing, Google et Samsung n'ayant pas joué ce rôle malgré leur adoption précoce de la technologie.
Olivier Piou a également fait valoir que « deux excellentes nouvelles pour Gemalto » étaient passées inaperçues : Barack Obama vient de signer deux décrets-lois en matière de sécurité numérique, obligeant d'une part toutes les entreprises à adopter la vérification en deux étapes (« two-factor authentification »), et d'autre part aux institutions financières d'utiliser le standard EMV des cartes à puces avant le 1er janvier 2015.
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