Amazon n'a toujours pas fait de bénéfice en 2022, mais n'inquiète pas Wall Street

Après avoir profité d'un élan de croissance inédit dans l'e-commerce pendant la pandémie, Amazon patine. La baisse des dépenses des consommateurs, couplée à une hausse des coûts, rogne ses marges, au point qu'elle ne réalise plus de bénéfice. Cependant, ses deux moteurs de croissance, le cloud et la publicité en ligne, continuent de fonctionner à pleine vitesse. Au point que le groupe prévoit de dégager des bénéfices dès le prochain trimestre.
François Manens
(Crédits : Pascal Rossignol)

Amazon subit encore le contrecoup de sa réussite exceptionnelle pendant la pandémie, face à une baisse des dépenses des consommateurs et une hausse des coûts. Résultat, pour un deuxième trimestre consécutif, le géant de l'e-commerce et du cloud n'a pas dégagé de bénéfice : ses pertes nettes s'élèvent à 2 milliards de dollars sur les trois derniers mois, et à 5,87 milliards de dollars depuis le début d'année. A la même période en 2021, l'entreprise affichait respectivement 7,77 milliards et 15,88 milliards de dollars de bénéfices nets. Cependant, elle espère reprendre le chemin de la rentabilité dès le prochain trimestre.

Avec 121,2 milliards de dollars de chiffre d'affaires, Amazon présente une croissance de 7,2% par rapport à l'an dernier. Mais ce rythme, 0,1 point en dessous de celui du premier trimestre, est le plus lent affiché par l'entreprise en près de 20 ans. Reste que ces mauvais résultats sont moins catastrophiques qu'attendus, ce qui a fait remonter l'action de 11% à l'ouverture de Wall Street, à un niveau qu'elle n'avait plus atteint depuis mai. Un pic à remettre dans son contexte : le cours d'Amazon a chuté de 19,8% depuis le début de l'année, une tendance suivie par toutes les valeurs techs.

Trop de vents contraires

Si les résultats financiers d'Amazon n'ont pas été sanctionnés par les marchés, c'est avant tout parce que le groupe a dû absorber 3,9 milliards de dollars de pertes (avant impôts) liées à sa prise de participation dans Rivian Automotive, à hauteur de 18%. Le cours de ce constructeur de voitures électriques s'est effondré de 67% depuis le début de l'année. Autrement dit, même si Amazon est loin de ses standards des deux dernières années, il a plutôt bien performé malgré l'accumulation de vents contraires qui frappent l'ensemble de l'économie et plus particulièrement de la tech.

Pour commencer, l'augmentation du cours du dollar par rapport aux autres monnaies -et notamment l'euro - réduit la valeur de ses ventes réalisées à l'étranger, qui représentent 23,8% de ses revenus. Par exemple, Amazon explique que les ventes de sa division "online stores" (qui regroupe une partie de l'e-commerce) ont baissé de 4%, mais qu'elles auraient simplement stagné sans l'inflation.

Ensuite, les consommateurs dépensent moins sur sa plateforme avec la réouverture des enseignes physiques, mais aussi à cause de l'inflation rampante qui grignote leur pouvoir d'achat. Pour ne rien arranger au tableau, cette inflation, couplée à la guerre en Ukraine, a fait exploser les coûts de l'essence et de l'énergie, et par effet rebond celui des livraisons. Et ce, alors même que la logistique mondiale commençait à peine à se relever de la désorganisation causée par la pandémie.

"Malgré l'inflation qui fait monter le prix du carburant, de l'énergie et des transports, nous faisons des progrès sur les coûts plus contrôlables (...), notamment en améliorant la productivité de notre réseau de centres de tri et de logistique", a indiqué Andy Jassy, le patron d'Amazon, cité dans un communiqué.

Amazon doit donc intégrer un volume important de coûts supplémentaires qu'il ne maîtrise pas. Pour y parvenir, il répercute une partie du manque à gagner sur les coûts qu'il contrôle, principalement en ajustant sa machine aux conditions de l'après-Covid. Sur le trimestre, son nombre d'employés a ainsi baissé de 6%, à 1,52 millions, sous les effets d'une politique de licenciement et d'un gel du recrutement sur certains postes. Brian Olsavsky, le directeur financier de l'entreprise, évoque depuis le printemps une situation de "sur-effectif" après deux années en "sous-effectif".

Amazon cherche aussi à réduire les investissements lourds en infrastructures (entrepôts, centres de tri...) qu'il avait engagés pour suivre l'augmentation de la demande pendant la pandémie. Pour les bâtiments qu'elle ne possède pas, elle cherche "de façon agressive" à renégocier les bails à la baisse et à sous-louer à des partis tiers.

Le cloud, moteur infatigable

Si l'activité de vente d'Amazon traverse une zone de turbulences, Amazon Web Services, la branche cloud du groupe qui domine largement son marché avec 33% des parts, continue de son côté son impressionnante croissance. Elle a réalisé 19,7 milliards de dollars de chiffre d'affaires sur le trimestre, soit 33% de plus que l'an dernier, un rythme constant sur plusieurs années.

Face à cette situation, Brian Olsavsky, le directeur financier d'Amazon, a annoncé qu'il prévoyait de concentrer les investissements en capitaux fixes du groupe sur ses activités cloud, aux dépens de son activité de distribution, dont l'expansion a été revue à la baisse. Il faut dire que le marché du cloud, en plus d'avoir un grand potentiel de croissance à exploiter, permet de dégager des marges bien plus importantes que la distribution.

L'autre levier de croissance d'Amazon, apparu récemment dans ses résultats financiers, c'est la publicité en ligne. Sur ce marché investi depuis plusieurs années, le groupe a réalisé 8,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires (+18%). Résultat : la bonne forme de ces deux nouveaux piliers du modèles d'Amazon permet de compenser les difficultés de l'e-commerce. Une bonne nouvelle à moyen terme, car la crise pourrait s'étendre sur plusieurs trimestres.

François Manens

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Commentaires 3
à écrit le 30/07/2022 à 10:46
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Où en sont ils de l'esclavagisme salarial ? Des gens qui naturellement mettent des robots pour commander des humains devraient être interdits de faire du business, il faut être totalement défaillant intellectuellement.

à écrit le 29/07/2022 à 23:15
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Attrape nigaud de produits made in china qui ne respectent pas les normes de précaution sanitaire, pollution, chimique, travail des enfants , des ouighours et vecteur du. Covid .. les français critiquent les amerlosurzw mais n hésitent pas à lui do...

à écrit le 29/07/2022 à 23:15
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Attrape nigaud de produits made in china qui ne respectent pas les normes de précaution sanitaire, pollution, chimique, travail des enfants , des ouighours et vecteur du. Vois .. les français critiquent les amerlosurzw mais n hésitent pas à lui donn...

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