Amazon n'a toujours pas fait de bénéfice en 2022, mais n'inquiète pas Wall Street
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Pascal Rossignol
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Amazon subit encore le contrecoup de sa réussite exceptionnelle pendant la pandémie, face à une baisse des dépenses des consommateurs et une hausse des coûts. Résultat, pour un deuxième trimestre consécutif, le géant de l'e-commerce et du cloud n'a pas dégagé de bénéfice : ses pertes nettes s'élèvent à 2 milliards de dollars sur les trois derniers mois, et à 5,87 milliards de dollars depuis le début d'année. A la même période en 2021, l'entreprise affichait respectivement 7,77 milliards et 15,88 milliards de dollars de bénéfices nets. Cependant, elle espère reprendre le chemin de la rentabilité dès le prochain trimestre.
Avec 121,2 milliards de dollars de chiffre d'affaires, Amazon présente une croissance de 7,2% par rapport à l'an dernier. Mais ce rythme, 0,1 point en dessous de celui du premier trimestre, est le plus lent affiché par l'entreprise en près de 20 ans. Reste que ces mauvais résultats sont moins catastrophiques qu'attendus, ce qui a fait remonter l'action de 11% à l'ouverture de Wall Street, à un niveau qu'elle n'avait plus atteint depuis mai. Un pic à remettre dans son contexte : le cours d'Amazon a chuté de 19,8% depuis le début de l'année, une tendance suivie par toutes les valeurs techs.
Si les résultats financiers d'Amazon n'ont pas été sanctionnés par les marchés, c'est avant tout parce que le groupe a dû absorber 3,9 milliards de dollars de pertes (avant impôts) liées à sa prise de participation dans Rivian Automotive, à hauteur de 18%. Le cours de ce constructeur de voitures électriques s'est effondré de 67% depuis le début de l'année. Autrement dit, même si Amazon est loin de ses standards des deux dernières années, il a plutôt bien performé malgré l'accumulation de vents contraires qui frappent l'ensemble de l'économie et plus particulièrement de la tech.
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Pour commencer, l'augmentation du cours du dollar par rapport aux autres monnaies -et notamment l'euro - réduit la valeur de ses ventes réalisées à l'étranger, qui représentent 23,8% de ses revenus. Par exemple, Amazon explique que les ventes de sa division "online stores" (qui regroupe une partie de l'e-commerce) ont baissé de 4%, mais qu'elles auraient simplement stagné sans l'inflation.