Apple va investir 500 milliards de dollars aux États-Unis
latribune.fr
Les investissements prévus avec cette somme devraient permettre d'embaucher 20 000 collaborateurs supplémentaires au cours des quatre prochaines années, selon Apple.
Cette annonce d’un engagement inédit sur le sol américain intervient alors que le président américain Donald Trump pousse les entreprises du pays à rapatrier leur production.
[Article publié le lundi 24 février 2025 à 15h03, mis à jour à 16h57] 500 milliards de dollars (environ 478 milliards d'euros) : c'est la somme astronomique qu'Apple compte investir sur les quatre prochaines années outre-Atlantique. La marque à la pomme l'a annoncé ce lundi, dans un communiqué, précisant qu'il s'agit de son « plus important engagement de dépenses jamais réalisé, avec des plans pour dépenser et investir ».
Le groupe de Cupertino, dans l'État de Californie, indique vouloir financer des projets dans les domaines de l'intelligence artificielle (IA), l'ingénierie ou encore la formation. Il prévoit par ailleurs d'augmenter les capacités de ses sites de production américains existants. Et de construire une nouvelle usine à Houston, dans l'État du Texas, pour produire des serveurs qui étaient jusqu'à présent fabriqués « en dehors des États-Unis ». L'ouverture de cette usine de « 250 000 pieds carrés » (environ 23 000 m², soit à peu près trois terrains de football) est prévue en 2026.
L'ensemble de ces projets devrait permettre d'embaucher 20 000 collaborateurs supplémentaires au cours des quatre prochaines années, affirme Apple.
Le président américain Donald Trump a félicité ce lundi cet investissement « record ». « La raison (de cet investissement) est la foi en ce que nous faisons, sans laquelle ils n'investiraient pas dix centimes », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, tout en remerciant le patron d'Apple, Tim Cook. Le dirigeant américain avait vendu la mèche il y a quelques jours quant à cette annonce. Vendredi dernier, il avait en effet assuré que Tim Cook s'était s'engagé auprès de lui à des investissements de plusieurs « centaines de milliards de dollars » aux États-Unis. « C'est ce qu'il m'a dit. Maintenant il doit le faire », avait-il déclaré devant des gouverneurs d'États américains réunis à la Maison Blanche. Promesse visiblement tenue.
Donald Trump s'était alors attribué les mérites de cet investissement, vantant ses menaces de droits de douane. Depuis son retour à la Maison-Blanche le 20 janvier, il n'a eu de cesse d'annoncer - ou de menacer d'instaurer - en effet des mesures visant à les augmenter sur une vaste gamme de produits étrangers, particulièrement ceux en provenance de Chine. Ce qui risque de pénaliser Apple puisque c'est là-bas qu'il fabrique majoritairement ses produits. Reste que, pour Dan Ives, analyste de Wedbush Securities, les annonces de l'entreprise américaine n'indiquent pas qu'elle abandonne pour autant le « Made in China ».
L'un des objectifs de Donald Trump avec sa volonté d'augmenter les droits de douane est justement d'inciter les entreprises américaines à relocaliser leur production aux États-Unis et ainsi de renforcer la compétitivité des industries du pays. « Si vous voulez arrêter de payer des taxes ou des droits de douane, vous devez construire votre usine ici en Amérique », n'a de cesse de marteler le dirigeant américain.
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Donald Trump vise en particulier le secteur des semi-conducteurs, où la Chine joue un rôle de plus en plus dominant. Et où les États-Unis ont perdu du terrain ces dernières décennies : le pays de l'Oncle Sam produit aujourd'hui 10 % des puces mondiales, contre 40 % en 1990. Une perte de marché qui s'explique par le fait que la plupart des entreprises américaines spécialisées sur cette technologie (Nvidia, Qualcomm, AMD, Micron, etc.) ont petit à petit sous-traité cette production très coûteuse et complexe en Asie du Sud-Est. Et n'ont gardé sur le sol américain que la phase de conception. Ce que l'actuel locataire de la Maison-Blanche entend changer.
La démarche de Donald Trump tranche avec celle de son prédécesseur, Joe Biden, qui avait pourtant aussi pour objectif de relocaliser la production aux États-Unis. Mais le démocrate avait plutôt misé sur l'incitation financière pour donner envie aux entreprises d'investir sur son territoire. Avec son Chips Act, signé en août 2022, il avait ainsi promis de généreuses subventions pour la construction d'usines de puces aux États-Unis. Pas moins de 52,7 milliards de dollars ont par la suite été fléchés vers cette politique, avec l'idée que l'argent public serve de tremplin pour des investissements privés.