Une petite phrase est passée totalement inaperçue dans le document détaillant l'accord d'Altice France avec ses créanciers au mois de février dernier. Une simple mention de bas de page, stipulant la possibilité de mettre en place un « management incentive plan ». Un plan d'intéressement, envisagé pour récompenser les dirigeants clés et les encourager à conclure cet accord avec les créanciers.
Une fois que l'opération de la dette sera finalisée, ils pourront donc toucher un véritable pactole en cas de vente de SFR. Car il est prévu que l'intéressement s'élève à 1,5% d'une des entités indirectement actionnaires d'Altice France.
Toute la complexité réside dans la détermination du « capital » d'Altice, qui permettra de définir le prix de vente. « Il y a différentes méthodes de calcul, qui impliquent de prendre en compte plusieurs critères, comme le multiple d'Ebitda, la dette, le cashflow, les actifs, etc.. », souligne un avocat qui a travaillé avec les créanciers. Pas le genre de calcul que l'on fait sur un coin de table, d'autant que toutes les parties prenantes vont mener un lobbying acharné pour infléchir ce prix dans un sens ou dans l'autre.
« A ce stade, Patrick Drahi ne veut pas vendre les actifs d'Altice à moins de 30 milliards d'euros, et les opérateurs en face soutiennent qu'ils ne mettront pas plus de 20 milliards», note un financier amusé. Les estimations des experts varient entre 23 et 27 milliards d'euros. Partons sur l'hypothèse d'un compromis autour de 25 milliards d'euros.