Corse : MIRA, l’école d’ingé qui va révolutionner l’espace méditerranéen
Roland Frias
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De plus en plus, les profils tech sont aujourd'hui une denrée rare qui s'arrache sur le marché de l'emploi. Selon la Commission européenne, 58% des entreprises - généralement des startups - désireuses de recruter dans ce secteur en plein boom, font état de difficultés. L'institut McKinsey prévoit par ailleurs d'ici 2030 une augmentation de 55 % de la demande de compétences numériques en 15 ans. En Corse, où, d'ores et déjà, 60 postes restent non pourvus chaque année, ce constat a conduit à la création d'une école d'ingénieurs. Baptisé "MIRA" pour Mediterranean Institute of Robotics and Automation, le projet a été porté par Aflokkat, organisme leader de la formation privée dans l'île, et répond spécifiquement aux besoins exprimés par un groupement de 15 entrepreneurs locaux issus du secteur numérique.
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Pour Benjamin Pereney, le directeur général d'Aflokkat, cette démarche - qui vient de faire l'objet d'une accréditation par la Commission des titres d'ingénieur (CTI) - trouve d'autant plus sa pertinence et son utilité qu'aucune école d'ingénieurs post-bac n'existait à ce jour sur le territoire. « Par conséquent, 100% des candidatures d'élèves de l'académie de Corse en écoles d'ingénieurs sont formulées hors de l'île, ce qui représente 1.256 vœux » explique-t-il en se basant sur le bilan ParcourSup 2022. « Dans le même temps, 256 candidats ont fait au moins un vœu pour une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE). Et 60% des candidats ayant accepté une proposition l'ont fait dans une autre académie ». Parmi les chevaux de bataille d'Aflokkat, celui de contribuer à endiguer l'hémorragie de matière grise dont pâtie la Corse. « En moyenne, 35% des Corses poursuivent leurs études sur le continent une fois leur baccalauréat en poche » souligne Benjamin Pereney. « Ce taux de départ explose chez les bacheliers ayant obtenu une mention "Très Bien", atteignant 50,5% ». Et d'ajouter : « Cette fuite des étudiants insulaires n'est pas contrebalancée par une arrivée significative d'étudiants venant d'autres académies, avec seulement 2% des nouveaux bacheliers inscrits dans l'enseignement supérieur en Corse provenant d'une autre région ».
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