E-commerce : le gouvernement veut réconcilier les PME avec les géants du Net

Amazon brievement premiere capitalisation de wall street
Mike Segar
PROPOSÉ PAR
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Amazon brievement premiere capitalisation de wall street
Mike Segar
Le gouvernement veut rééquilibrer les relations commerciales entre les PME françaises et les grandes plateformes de vente en ligne, comme Amazon ou Cdiscount. Fin octobre, le secrétaire d'État au Numérique, Mounir Mahjoubi, avait incité les TPE-PME françaises qui "rencontrent des difficultés avec les plateformes de vente en ligne" à le signaler sur le site demarches.simplifiees.fr d'ici à la fin du mois de novembre.
Au total, 100 PME ont répondu à cet appel, a indiqué ce jeudi Mounir Mahjoubi lors d'une réunion à Bercy avec une dizaine de PME et les représentants d'une dizaine de plateformes d'e-commerce, dont Deliveroo, eBay, Amazon, Cdiscount, Rakuten ou encore Le Bon Coin. Les échanges entre les PME et les plateformes se sont déroulés à huis-clos.
À l'heure de la révolution numérique, non seulement les consommateurs se déplacent moins dans les boutiques, mais les petits commerces se retrouvent en concurrence avec des boutiques partout en France et à l'étranger, du moment qu'elles savent se distinguer sur la Toile. Dans ces conditions, obtenir une bonne visibilité sur les plateformes qui ont pignon sur rue devient crucial. Par exemple, plus de 10.000 PME et TPE françaises utilisent Amazon pour vendre leurs produits, afin de toucher une nouvelle clientèle et augmenter leur chiffre d'affaires... Quitte à développer une dépendance économique vis-à-vis des grands acteurs du e-commerce.
Parmi les 100 cas signalés, "50 étaient des situations critiques", selon Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises en charge des négociations entre PME et plateformes. "A date, 22 médiations ont été ouvertes - dont 5 ayant été déjà clôturées et 15 étant en cours de négociation. Notre rôle est d'apporter des solutions immédiates, tout en prenant compte la nécessité d'installer un dialogue dans la durée entre les plateformes et les PME." Selon le secrétaire d'Etat au Numérique, "toutes les plateformes ont accepté de participer à la médiation".
Parmi les principaux motifs de mécontentement, le déréférencement brutal d'un ou plusieurs produits et l'arrêt unilatéral des relations commerciales. La librairie Merris Livre (Hauts-de-France) en a fait les frais cet été.
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Même son de cloche du côté de Look Ma Montre (Ile-de-France). "Cdiscount nous apportait environ 30 commandes par jour. Cette année, du jour au lendemain, nous sommes tombés à 2 commandes par jour", témoigne le représentant de Look Ma Montre. "Cela traduit des changements d'orientation et d'exposition de nos produits sur les plateformes. A priori, Cdiscount donnerait désormais la priorité aux articles chinois pour concurrencer Amazon. Pour améliorer nos ventes, on nous conseille de baisser nos prix et de souscrire à des abonnements supplémentaires pour gagner en visibilité..."
La liste des doléances des PME est encore longue. Pour Minorquines (Ile-de-France), spécialisé dans la vente de sandales, "il y a un manque de respect du produit vendeur".
Rupture unilatérale des relations, manque d'exposition sur les plateformes, baisses contraintes des prix... Face à ces conditions drastiques, la société Mastercoiff, spécialisée dans la vente de produits professionnels pour la coiffure, regrette : "Nous n'avons plus la main sur rien."
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Pour pallier ce "manque absolu de transparence", Mounir Mahjoubi a annoncé la rédaction d'une charte au cours du premier trimestre 2019. Celle-ci devra être co-construite par les PME et les plateformes afin de rétablir le dialogue et poser des bonnes pratiques pour leurs relations contractuelles.