Election de Trump : le double discours de Twitter

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Huit ans après l'ouverture de son compte, Donald Trump compte plus de 30 million d'abonnés.
Huit ans après l'ouverture de son compte, Donald Trump compte plus de 30 million d'abonnés. (Crédits : © Lucas Jackson / Reuters)
Le co-fondateur de Twitter, Evan Williams, a affirmé que Twitter avait permis d'accroître la popularité de Donald Trump et que si cela avait influencé le résultat de la présidentielle, il s'en "excusait". Mais ces propos semblent contredire de récentes déclarations d'autres cadres dirigeants du réseau social qui se réjouissaient de l'usage de Twitter par les chefs d'Etat.

L'influence des réseaux sociaux lors d'une campagne présidentielle est très difficile à déterminer. Dans une interview accordée à Fox News au mois de mars dernier, Donald Trump avait pourtant déclaré que Twitter l'avait clairement aidé dans sa campagne.

"Je pense que je ne serais pas probablement pas là (ndlr : à la Maison Blanche) si je n'étais pas sur Twitter [...] Beaucoup d'informations ne sont pas honnêtes. Et quand je suis proche des 100 millions de personnes qui peuvent me lire sur Twitter, Facebook, Instagram et le compte Potus sur Twitter, je pense que je suis devenu mon propre média."

Au mois d'avril dernier, le milliardaire avait également expliqué au Financial Times que sans "Twitter, je ne serais pas là".

Des excuses tardives

evan williams

Evan Willimas lors d'une conférence à San Francisco en 2012. Crédits : REUTERS/Stephen Lam.

Invité à réagir aux propos du chef d'Etat américain, le co-fondateur de Twitter Evan Williams s'est excusé dans un entretien publié dans le New-York Times, le 20 mai dernier.

"Je pensais que si tout le monde pouvait s'exprimer librement, échanger des informations et des idées, le monde irait automatiquement beaucoup mieux [...] En fait j'avais tort. S'il est vrai que Donald Trump a pu accéder à la Maison Blanche grâce à Twitter, alors oui je suis désolé."

Auteur de près de 35,000 messages depuis la création de son compte en mars 2009, Donald Trump compte 30,1 millions d'abonnés et continue de se servir de ce réseau social au quotidien même depuis sa victoire à l'élection présidentielle le 8 novembre dernier. Il a ainsi pu accroître sa notoriété et s'en servir comme un outil de communication politique. Son usage frénétique du site de microblogging avait même conduit son équipe de campagne à lui interdire l'accès à son compte à quelques jours du scrutin. Ses conseillers voulaient ainsi éviter tout dérapage ou polémique qui aurait pu jouer en défaveur de l'ancien présentateur de télé-réalité. L'objectif était de protéger "le boss de ses impulsions auto-destructrices" souligne le New-York Times.

>> Lire aussi : Faut-il bannir Donald Trump de Twitter ?

Les propos contradictoires des dirigeants de Twitter

Les récentes déclarations d'Evan Williams semblent entrer en contradiction avec les propos d'Anthony Noto, directeur des opérations chez Twitter. En effet, ce dernier a reconnu il y a quelques jours que les tweets polémiques de Donald Trump avait permis au réseau social d'accroître sa notoriété.

"Nous adorerions que chaque dirigeant mondial utilise Twitter comme principal moyen de communication pour parler à ses électeurs [...]. Plus cela se produira, mieux nous pourrons montrer ce qui se passe dans le monde."

Quelques temps auparavant, le patron de Twitter Jack Dorsey avait également expliqué que cette élection avait permis "d'avoir un coup de projecteur" sur sa plateforme. Même si des excuses ont été exprimées par le co-fondateur de Twitter, le réseau social géant semble encore profiter des messages compulsifs du président américain qui sont scrutés tous les jours par les médias américains et contribuent ainsi à augmenter la fréquentation de Twitter.

>> Lire aussi : Pour Twitter, les dirigeants devraient tous imiter Donald Trump

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Commentaires
a écrit le 22/05/2017 à 15:15 :
Les journalistes devraient comprendre que c'est du marketing, un peu comme le type qui vous dit que le problème du magasin, c'est que le parking est toujours plein pour dire en fait que la magasin est toujours bondé. Mon défaut, c'est en fait une qualité ! En anglais, on appelle cela la "reverse psychology" :-)
a écrit le 22/05/2017 à 14:36 :
Twitter ayant largement décomplexé les insultes des militants et autres d'extrême droite, faisant comme si c'était normal, on les voit très mal critiquer trump, faire contrepoids pour ne pas perdre les autres clients oui c'est logique mais on voit bien que la politique de la multinationale est proche des idées intolérantes de façon générale quand même hein.

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