Trump impose à l’État américain d’entrer au capital d’Intel
Amélie Charnay avec Reuters

Photo d'illustration
Dado Ruvic
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Comme à son habitude Donald Trump fanfaronne. Il s'est félicité ce vendredi 22 août d'avoir conclu un « excellent accord » avec Intel permettant à l'Etat fédéral américain de mettre la main sur 10% du capital de l'entreprise de semi-conducteurs Intel. Il a aussitôt posté ce message sur son réseau social Truth :
Les fleurs envoyées au patron d'Intel Lip-Bu Tan ne manqueront pas de faire sourire, sachant que Trump appelait à sa démission il y a seulement une quinzaine de jours. Par ailleurs, il n'est pas exact que les Etats-Unis n'aient rien payé pour ces actions.
Plus précisément, le pays va acheter une participation de 9,9 % dans Intel pour 8,9 milliards de dollars, grâce au financement des 5,7 milliards de dollars de subventions non versées de la loi CHIPS Act promulguée par Joe Biden et des 3,2 milliards de dollars accordés à Intel pour le programme Secure Enclave, également accordés avant l'arrivée de Trump au pouvoir. Si l'on ajoute les 2,2 milliards de subventions déjà versées, l'investissement total de l'Etat américain s'élève donc à un peu plus de 11 milliards de dollars.
Cette entrée au capital ne s'accompagnerait cependant pas de siège au conseil d'administration du groupe ni de droit de vote. Elle comprend également un bon de souscription de cinq ans à 20 dollars par action pour 5 % supplémentaires des actions Intel, que les États-Unis peuvent utiliser si Intel perd le contrôle de l'activité de fonderie.
Le marché a plutôt bien accueilli cette nouvelle puisque l'action d'Intel a augmenté d'environ 1 % lors de la séance prolongée de vendredi après avoir clôturé en hausse de 5,5 % lors des échanges réguliers. Un signal positif après l'annonce lundi dernier de la prise de participation du japonais SoftBank de 2 milliards de dollars dans Intel.
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Cela suffira-t-il à redresser l'entreprise et relancer son activité de fonderie ? Pas sûr. Intel a enregistré une perte annuelle de 18,8 milliards de dollars en 2024, du jamais vu depuis 1986. Et son action a chuté de 50% depuis l'année dernière. Par ailleurs, il semble illusoire qu'elle fasse rapidement jeu égal avec Nvidia qui triomphe sur le marché de la conception des puces IA. Ou sur TSMC, le leader mondial de la fonderie.
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« Sans soutien gouvernemental ni partenaire financier plus solide, la division fonderie d'Intel aura du mal à lever suffisamment de capitaux pour continuer à construire davantage d'usines de fabrication à un rythme raisonnable », a-t-il déclaré à Reuters Daniel Morgan, gestionnaire de portefeuille senior chez Synovus Trust. Intel « doit rattraper son retard technologique sur TSMC pour attirer des clients », a-t-il conclu.
Amélie Charnay avec Reuters
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