IBM annonce qu'il ne vendra plus d'outils de reconnaissance faciale, sur fond de tensions raciales aux États-Unis

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Le patron d'IBM demande au Congrès de faire en sorte que les caméras mobiles portées par les agents et les outils d'analyse permettent de faire rendre des compte à la police en cas de besoin.
Le patron d'IBM demande au Congrès de faire en sorte que les caméras mobiles portées par les agents et les outils d'analyse permettent de faire rendre des compte à la police en cas de besoin. (Crédits : Steve Marcus)
"Nous pensons que c'est le moment d'ouvrir un dialogue national sur les technologies de reconnaissance faciale pour déterminer si elles doivent être utilisées, et comment, par les forces de l'ordre", a déclaré Arvind Krishna, le chef exécutif d'IBM, dans une lettre adressée aux membres du Congrès américain, tandis que les manifestations contre les violences policières sur fond de tensions raciales se succèdent dans le pays.

IBM a annoncé lundi son intention de cesser la vente de logiciels de reconnaissance faciale à des fins générales alors que les manifestations contre le racisme et les violences policières se succèdent aux États-Unis depuis deux semaines.

Le géant informatique américain à déclaré être fermement opposé "à l'utilisation de toute technologie à des fins de surveillance de masse, de profilage racial, de violations des droits et libertés humaines de base ou encore tout objectif contraire à nos valeurs", dans une lettre adressée aux membres du Congrès par le chef exécutif d'IBM, Arvind Krishna.

"Nous pensons que c'est le moment d'ouvrir un dialogue national sur les technologies de reconnaissance faciale pour déterminer si elles doivent être utilisées, et comment, par les forces de l'ordre", a-t-il déclaré.

La reconnaissance faciale est fondée sur des technologies d'intelligence artificielle (IA).

Elle peut servir à authentifier les utilisateurs d'un service (smartphone, système de paiement...) mais aussi à identifier des personnes au sein d'un groupe d'individus présents physiquement ou dans une base de données photos, par exemple.

La reconnaissance faciale "peut aider la police à protéger les communautés mais ne doit pas promouvoir les discriminations ou l'injustice raciale", détaille Arvind Krishna. "Les fournisseurs et les clients utilisateurs d'intelligence artificielle partagent la responsabilité de s'assurer que l'IA n'est pas biaisée, particulièrement quand il s'agit d'appliquer la loi".

Tensions raciales

Les États-Unis sont secoués par une vague de contestation contre le racisme institutionnalisé et les brutalités policières depuis la mort de George Floyd, un Afro-Américain asphyxié par un policier blanc à Minneapolis le 25 mai.

Lire aussi : Des actes et non des mots: les patrons américains face aux tensions raciales

Le patron d'IBM demande au Congrès de faire en sorte que les caméras mobiles portées par les agents et les outils d'analyse permettent de faire rendre des compte à la police en cas de besoin.

Neema Singh Guliani, de l'association American Civil Liberties Union (ACLU), estime que la reconnaissance faciale ne devrait pas être intégrée à ces caméras du tout.

"Nous devons investir dans des technologies susceptibles d'aider à résorber la fracture numérique, pas des technologies qui créent une infrastructure de surveillance et exacerbent les abus de la police et le racisme structurel", a-t-elle argumenté dans un communiqué publié en réponse aux mesures de réforme de la police proposées au Congrès.

Lire aussi : Tracking, reconnaissance faciale, vidéo surveillance : 7 milliards de suspects ?

ACLU interpelle régulièrement les entreprises technologiques comme Amazon ou Microsoft sur les utilisations potentiellement abusives ou délétères de la reconnaissance faciale.

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Commentaires
a écrit le 09/06/2020 à 17:52 :
France :

La direction d'IBM france a présenté, lors d'une réunion du "Comité Social Paritaire" le 6 février un projet de départ volontaire, avec une cible de 220 départs, constitué de 2 dispositifs :
Ruptures conventionnelles collectives (RCC).
Mesures de fin de carrière (MFDC)
a écrit le 09/06/2020 à 17:49 :
Mars 2020 :

De nombreux postes de travail pourraient passer à la trappe chez IBM Suisse. Selon la NZZ, l’Office cantonal de l’emploi à Zurich aurait été informé de cette décision par le directeur d’IBM Suisse Christian Keller, ce qui laisse présager un licenciement massif. En effet, la loi fédérale sur les contrats de travail exige des entreprises qu'elles informent les autorités en cas de licenciement collectif. Un terme utilisé lorsque 10% des emplois se retrouvent supprimés dans une entreprise.
a écrit le 09/06/2020 à 17:47 :
Pendant ce temps :

22 mai :
IBM a annoncé vouloir procéder à des coupes d'effectifs, dans le but de rendre l'entreprise plus flexible et relancer ainsi sa croissance. Le communiqué ne précise pas le nombre d'employés concernés mais les licenciements pourraient se compter par milliers selon certaines sources. C'est le premier plan de dégraissage depuis que le nouveau directeur général, Arvind Krishna, a pris les commandes de Big Blue le mois dernier. A son arrivée, il avait annoncé le retrait des objectifs annuels du groupe en même temps que la publication d'un bénéfice net au premier trimestre en repli de 26%.
Du fait de la pandémie, plusieurs contrats de logiciels n'ont pas été conclus au mois de mars, et le cours de l'action a chuté de 24% depuis début février.
a écrit le 09/06/2020 à 11:33 :
Un pavé dans la marre !

Soyez «  humble » l’IBM, le web -l’amélioration des outils de base devrait être «  votre priorité absolue « 

Exemple tout bête :

Un site sur le web ( marchand ) est incapable de vérifié la «  véracité «  des photos et des annonces ...

1) commençons par le début ...
pour réduire «  facture et fracture « dues aux technologies numériques
a écrit le 09/06/2020 à 9:41 :
Comme toute institution américaine l'ACLU n'est pas une dangereuse révolutionnaire et ça fait un moment qu’elle suit ce dossier de reconnaissance faciale qui n'arrive pas à reconnaître et distinguer les visages entre eux, nous évoluons avec des marges d'erreurs intolérables, quand ces logiciels reconnaîtront 100% des visages ils pourront être utilisables mais tant qu'il y a la moindre marge d'erreur c'est inacceptable il faut bien être un dirigeant aliéné par son incompétence pour valider un programme défectueux.

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