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Bataille des semi-conducteurs : la Chine investit plus de 40 milliards d'euros

latribune.fr

Publié le 27 mai 2024 à 13:03 - Mis à jour le 27 mai 2024 à 13:03

Après les Etats-Unis et la Corée du Sud, c'est au tour de la Chine d'investir des milliards dans le secteur.

Après les Etats-Unis et la Corée du Sud, c'est au tour de la Chine d'investir des milliards dans le secteur.

Florence Lo

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Dans le secteur des semi-conducteurs, la concurrence est rude. La Chine a accumulé un certain retard par rapport à ses concurrents, comme les Pays-Bas ou les Etats-Unis. Mais elle ne compte pas se laisser distancer encore très longtemps grâce à un nouvel investissement de plusieurs milliards.

La bataille des semi-conducteurs fait rage. Après la Corée du Sud, c'est au tour de la Chine d'investir des milliards dans le secteur. Pékin a ainsi injecté dans un fonds d'investissement l'équivalent de plus de 40 milliards d'euros pour renforcer son industrie, selon une base de données qui compile en Chine des informations sur les entreprises. Reuters rapporte qu'il s'agit de la troisième phase du véhicule d'investissement soutenu par l'Etat à hauteur de 344 milliards de yuans, soit 44,12 milliards d'euros, selon un dossier déposé auprès d'un registre des sociétés géré par le gouvernement. La rumeur courait depuis septembre dernier mais aucun document n'avait jusqu'alors été dévoilé.

Dans le détail, le ministère chinois des Finances, des banques publiques et une série d'entreprises ont injecté ces capitaux, le plus gros actionnaire du fonds étant le ministère des Finances. Des investissements sont également liés aux autorités de la capitale Pékin et de la métropole de Shenzhen (sud), où de nombreux groupes technologiques ont leur siège.

Pour rappel, les semi-conducteurs, ces composants électroniques indispensables à nombre de produits de l'économie moderne, sont présents dans de nombreux objets, des téléviseurs aux voitures en passant par les armes, les téléphones ou l'intelligence artificielle.

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Mais ces composants ultra performants font l'objet d'une âpre rivalité entre la Chine et les Etats-Unis pour leur miniaturisation et l'approvisionnement d'un secteur devenu hautement stratégique. Ces dernières années, Washington a ainsi mis sur liste noire des entreprises chinoises pour les couper des chaînes d'approvisionnement en technologies américaines et a renforcé vers la Chine les restrictions à l'exportation des semi-conducteurs.

Le géant asiatique cherche depuis à accélérer la montée en gamme de ses semi-conducteurs, dont les performances restent en deçà de ceux produits notamment par les Etats-Unis.

Sauf que nombre d'étapes dépendent des Etats-Unis, ainsi que des Pays-Bas et du Japon, dont les entreprises détiennent le quasi-monopole de la production de machines de lithographie, indispensables à la miniaturisation des puces sur des plaques très fines de silicium. Cela donne un avantage majeur à ces trois pays qui, de facto, possèdent une influence considérable sur la production mondiale des semi-conducteurs. Les Pays-Bas se sont récemment joints aux Etats-Unis et au Japon pour restreindre l'exportation vers la Chine d'équipements de pointe pour la fabrication de puces.

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A titre d'exemple, le géant néerlandais des semi-conducteurs ASML a déclaré début janvier qu'il ne pourra plus vendre à la Chine ses machines permettant de produire des puces de pointe. Une décision issue du gouvernement néerlandais, celui-ci ayant révoqué la licence d'expédition du groupe, sous la pression des Etats-Unis.

Pour assurer sa souveraineté technologique sur ce marché estimé à 440 milliards d'euros, l'Union européenne ambitionne, de son côté, de produire 20% des semi-conducteurs dans le monde d'ici à 2030, le double de sa part actuelle. Sur le continent Asiatique, la Corée du Sud a également annoncé la semaine dernière un nouveau plan de soutien de quelque 17,5 milliards d'euros pour renforcer son industrie dans le secteur. Le pays abrite Samsung Electronics et SK Hynix, parmi les plus grands fabricants mondiaux de puces mémoire.

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Restaurer un climat de confiance

Dans ce contexte et pour ne pas perdre la course face aux Etats-Unis, le Premier ministre chinois, Li Qiang, a « appelé les entreprises de Chine et de Corée du Sud à exploiter davantage leur potentiel de coopération dans de nouveaux domaines tels que l'intelligence artificielle », ce dimanche lors d'une rencontre avec le président de Samsung Electronics. « La Chine accueille les entreprises sud-coréennes, y compris Samsung, pour qu'elles continuent à développer leurs investissements et leur coopération » dans le pays, a-t-il poursuivi.

Améliorer le climat des affaires fait partie de la stratégie de Pékin pour garder et développer des domaines stratégiques comme les semi-conducteurs sur son territoire. Samsung, le géant mondial des puces et des smartphones, qui est l'une des entreprises étrangères les plus présentes en Chine, y a investi des milliards de dollars dans des installations destinées à produire des semi-conducteurs et des produits électroniques.

Atteindre l'auto-suffisance

Pékin accélère donc ses efforts pour atteindre l'auto-suffisance en matière de puces même si la plupart des fabricants chinois ont essuyé des pertes l'an dernier. Loongson Technology, qui en conçoit, a ainsi affiché une perte nette de 329 millions de yuans (42 millions d'euros), contre un bénéfice de 5,2 millions de yuans un an plus tôt. Loongson, placé en 2023 sur liste noire par le département américain du Commerce et donc privé de tout accès aux technologies américaines, avait ainsi admis le mois dernier que ses coûts en recherche et développement avaient grimpé de 36%.

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Pour Scotten W. Jones, du site spécialisé TechInsights, la technologie de fabrication de semi-conducteurs dont dispose la Chine actuellement est « bien loin derrière les meilleurs modèles de ASML », le géant néerlandais du secteur. « Si la Chine est prête à investir suffisamment, elle pourra probablement rattraper le reste du monde, mais je pense qu'il faudra attendre au moins une décennie », estime l'expert.

latribune.fr

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