LA TRIBUNE — Énormément d'investissements privés venant d'acteurs internationaux ont été annoncés lors du sommet pour construire des infrastructures. L'État va-t-il suivre le mouvement et revoir ses priorités stratégiques dans le cadre de France 2030 ?
BRUNO BONNELL — 3,4 milliards d'euros ont été déployés depuis 2017 dans le cadre des deux premières phases de la stratégie nationale pour l'intelligence artificielle (IA), centrée sur le renforcement de nos capacités de calcul et la formation à l'IA.
Ce sommet marque l'entrée dans la troisième phase de ce plan, qui est celle de l'accélération. Un investissement supplémentaire de 10 milliards d'euros, sur les trois prochaines années, vient d'être annoncé par Bpifrance.
À l'échelle de notre pays, c'est considérable ! C'est l'investissement le plus important, et de loin, des pays européens, même devant le Royaume-Uni.
Quel est le rôle de France 2030 dans cette nouvelle phase ?
Sur les 10 milliards d'euros annoncés par Bpifrance, 5 milliards proviennent de France 2030, le plan à 54 milliards d'euros sur cinq ans annoncé fin 2021. Ils seront réorientés sur le financement d'entreprises de l'IA et le renforcement de l'IA dans de nombreux secteurs, notamment l'industrie, mais aussi la santé, l'énergie, l'innovation dans les matériaux ou encore le quantique.
L'enjeu est de mettre de l'IA partout, pour innover dans tous les domaines et trouver, puis démocratiser, les usages IA de demain. C'est le plan Convergences IA, que nous portons. Il s'agit en fait de permettre de bénéficier d'une enveloppe globale ambitieuse, pour financer les applications stratégiques de l'IA. Certaines sont déjà identifiées, d'autres le seront dans les mois à venir. Si demain il y a un nouveau Mistral et qu'on considère qu'il est fondamental pour la France de mettre 200 millions d'euros pour le soutenir, nous serons capables de le faire.