Intelligence artificielle : le champion français Mistral se hisse au niveau d'OpenAI
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les fondateurs de Mistral : Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix
DR
François Manens
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les fondateurs de Mistral : Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix
DR
La startup française Mistral AI s'attaque pour de bon à la domination de OpenAI, moins d'un an après sa création. Après avoir fait ses armes sur des modèles d'intelligence artificielle de petite taille et levé près de 500 millions d'euros, la jeune pousse a présenté ce lundi Mistral Large. Ce très grand modèle de langage est destiné à concurrencer frontalement GPT-4 d'OpenAI et Gemini de Google, les modèles d'IA les plus performants au monde.
Pour parvenir à ses fins, Mistral a décidé de combattre le feu par le feu, puisqu'il signe, comme OpenAI, un partenariat de distribution (le seul, pour l'instant) avec Microsoft pour son nouveau modèle phare. Cet accord s'accompagne d'un investissement minoritaire (dont le montant exact est gardé secret) au capital de l'entreprise de la part du géant américain, qui a déjà investi plus de 13 milliards dans OpenAI. Alors que Mistral se présentait comme un champion de l'open source en septembre 2023 lors de son lancement opérationnel, et laissait entrevoir une voie alternative, il propose désormais ses meilleures modèles sous le même mode d'accès que OpenAI. Était-ce le prix à payer pour concurrencer les meilleurs ?
À lire également
A son lancement, Mistral se présentait comme le nouveau « fer de lance » des modèles ouverts, un rôle qu'endossait jusque-là Meta avec sa gamme de modèles Llama. « Nous pensons qu'une approche ouverte à l'IA générative est nécessaire », écrivait l'entreprise, afin de « combattre la censure et les biais dans une technologie qui va modeler notre futur. » L'open source [la publication en accès libre de nombreuses informations techniques sur le modèle, ndlr] était présenté comme la voie idéale pour faire face à « l'oligopole émergent », c'est-à-dire à la mise en place d'un marché seulement composé d'une poignée d'acteurs américains, dont le duo OpenAI-Microsoft et Google, poursuivi par quelques startups très bien financées (Anthropic, Cohere, Inflection AI...). Seul Meta avait pris cette voie.
François Manens