ChatGPT permet à des (quasi) non-initiés de réaliser des tâches de spécialistes, notamment en code informatique, conclut une étude du BCG menée avec des universitaires. Les capacités gagnées ne sont toutefois que temporaires : l'IA générative est une béquille qui ne fait acquérir aucune compétence profonde. Elle pourrait tout de même chambouler l'organisation des équipes et le déroulement des carrières.Promue comme un moyen de gagner en productivité, l'IA générative permet-elle réellement d'acquérir de nouvelles compétences ? Le BCG entend répondre à cette question dans une étude menée avec la Boston University et les équipes d'OpenAI, rendue publique début septembre. « La réponse est clairement oui », affirme Nicolas de Bellefonds, directeur associé senior, responsable des sujets d'intelligence artificielle pour le cabinet de conseil.
L'étude montre en effet qu'avec l'aide de ChatGPT, une majorité de consultants parvient à exécuter des tâches de data science, normalement étrangères à leur domaine de compétences.
Un avantage net aux travailleurs «augmentés»
Environ 480 consultants dans le monde ont participé à l'expérimentation. Tous devaient réaliser des tâches hors de leur champ d'expertise, telles que la programmation informatique, la modélisation prédictive et des analyses statistiques. Une partie d'entre eux avait accès à ChatGPT, l'autre non. Leurs performances ont ensuite été comparées à celles d'un groupe témoin de data scientists.
« Nous avons choisi des tâches qu'il n'est normalement pas possible de réaliser sans un minimum de formation, comme la programmation en langage Python. Ce sont aussi des tâches que ChatGPT ne peut pas exécuter seul : il faut le guider », explique Nicolas de Bellefonds.
Les résultats sont sans appel. Les participants assistés par l'IA générative ont obtenu de meilleurs scores que les autres sur l'ensemble des trois tâches. C'est en programmation informatique que la différence est la plus marquée. Les consultants « augmentés » ont obtenu des résultats qui sont à 86% semblables à ceux des data scientists, soit plus du double des participants n'ayant pas utilisé ChatGPT (37%). De plus, ils ont terminé leur travail environ 10% plus rapidement que les data scientists.