Qui est Scale AI, la startup qui fait le sale boulot des stars de l’IA, accusée d'« esclavage moderne »
Marine Protais
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Alexandr Wang, fondateur de l'entreprise Scale AI.
Scale AI
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Alexandr Wang, fondateur de l'entreprise Scale AI.
Scale AI
Sa dernière levée de fonds énormissime - 1 milliard de dollars - n'a pas fait tant de bruit. Et pour cause : Scale AI est une entreprise de l'ombre. Celle qui se définit comme « une fonderie de données » travaille pour le compte de géants dans la lumière : Microsoft, Meta, la coqueluche de l'intelligence artificielle OpenAI, mais aussi des constructeurs automobiles et l'armée américaine. Scale AI labellise et vérifie les données utilisées par ces organisations pour entraîner leurs modèles d'intelligence artificielle. Pour obtenir des résultats plus précis et de meilleure qualité, ces systèmes ont besoin de données précises et de bonne qualité. Et c'est à ce niveau qu'opère l'entreprise californienne. C'est elle notamment qui s'assure de filtrer ChatGPT de tout contenu violent et haineux, et qui édite certaines de ses productions pour éviter qu'il ne produise du charabia. C'est elle aussi qui étiquette des photos d'arbres ou de piétons, pour éviter que les futurs véhicules autonomes ne les confondent.
Ses nouveaux financements lui sont notamment apportés par le fabricant de puces Nvidia, Amazon, Meta, le fonds américain Accel, l'incubateur Y Combinator (qui fait partie de ses investisseurs historiques), ou encore Nat Friedman, ex-dirigeant de Github devenu le business angel préféré de l'industrie. Scale AI avait auparavant levé environ 600 millions de dollars depuis son lancement en 2016, dont une série E de 325 millions de dollars en 2021 qui l'a valorisée à environ 7 milliards de dollars. Trois ans plus tard, et malgré une période plus compliquée durant laquelle elle a licencié 20 % de ses effectifs l'année dernière, Scale AI est désormais valorisée à 13,8 milliards de dollars.
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« Notre vision est celle d'une abondance de données, où nous disposons des moyens de production nécessaires pour continuer à mettre à l'échelle les LLM d'avant-garde sur plusieurs ordres de grandeur. Nous ne devrions pas être limités par les données pour atteindre le GPT-10 », précise Alexandr Wang, fondateur de l'entreprise. Pour le dirigeant, le problème de la « pénurie de données », souvent source d'inquiétude dans le secteur, est un choix. Il estime que son entreprise est capable de livrer « une abondance de données ». Il estime que pour cela, il faut aller au-delà des données simplement accessibles en ligne.
Marine Protais