Les startups françaises résistent à la crise et continuent de lever des fonds... mais le Covid-19 a bel et bien brisé la belle dynamique d'hyper-croissance de la French Tech. C'est le principal enseignement de notre analyse des levées de fonds du premier semestre 2020. D'après nos calculs, les startups françaises ont levé 2,7 milliards d'euros entre janvier et juin, soit quasiment autant qu'au premier semestre 2019 (2,8 milliards d'euros). Mais si ce très léger recul (-3,5%) peut paraître anecdotique et rassurant à première vue, il est trompeur. Il révèle surtout que la crise économique a bel et bien stoppé net le très fort élan du capital-risque français, habitué à une croissance à deux chiffres à chaque semestre (+39% en moyenne sur les quatre dernières années au premier semestre). C'est même la première fois, depuis la création du label French Tech en 2013 et donc de la structuration de l'écosystème, que le montant levé sur un semestre recule sur un an.
Dans le détail, les startups françaises ont levé, d'après les chiffres de La Tribune, 2,72 milliards d'euros au premier semestre 2020 contre 2,79 milliards au premier semestre 2019, pour 321 opérations contre 387 l'an dernier. Soit une baisse de respectivement -3,5% en valeur et de -17% en volume sur un an.
A titre de comparaison, depuis 2015, la croissance d'une année sur l'autre au premier semestre a toujours été spectaculaire : +32% entre 2015 et 2016, +21% entre 2016 et 2017, +61% entre 2017 et 2018 et +43% entre 2018 et 2019 d'après les chiffres du cabinet de conseil EY. La baisse de -3,5% entre 2019 et 2020 vient donc casser une dynamique très forte et très solide, d'autant plus que le nombre de structures d'investissement ne cesse d'augmenter, que les investisseurs ont de plus en plus d'argent à leur disposition, et que l'Etat a même poussé les bancassureurs, à l'automne dernier, à injecter 1 milliard d'euros par an pendant trois ans dans l'écosystème. Au début de l'année, qui a commencé par un mois de janvier exceptionnel (804 millions d'euros, 2è meilleur mois historique), les plus pessimistes des analystes pariaient sur un premier semestre compris entre 3,5 et 4 milliards d'euros, soit une croissance entre 20% et 30% par rapport au premier semestre 2019.